Enemy

Adam, est un professeur d’université qui subit une vie morose entre ses cours et sa petite amie assez froide. Lors du visionnage d’un film, il découvre subitement un figurant lui ressemblant comme deux gouttes d’eau. La surprise se transforme en obsession et le film en thriller psychologique.

Affiche - Enemy de Denis Villeneuve

L’année dernière, Denis Villeneuve nous avait tenus en haleine dans l’ambiance lourde, bleutée et froide du film Prisoners. On avait suivi Jake Gyllenhaal dans une enquête poignante pour retrouver deux petites filles disparues. Ici, dans Enemy, l’ambiance est toujours lourde, mais poisseuse, étouffante, polluée, comme un jour de canicule où les courants d’air sont inexistants. L’ambiance jaunie, les plans éloignés des immeubles, les contre-plongées vers les gratte-ciels, créent une ambiance tout aussi pesante que dans son dernier film. Il y a du David Lynch chez Denis Villeneuve, du David Cronenberg aussi, dans sa manière de créer le suspense, d’imposer une atmosphère, un décor. La scène d’introduction pose le cadre : dérangeant, étrange, à la limite du fantastique.

Dans Enemy, on suit Adam, joué par Jake Gyllenhaal, professeur d’histoire coincé dans sa routine quotidienne : appartement – fac – nuit avec sa petite amie. Le bouleversement arrive par le cinéma. Pour une fois, Adam s’accorde une soirée pour regarder un film conseillé par un collègue. C’est pendant la nuit, sous forme de cauchemars qu’il se rend compte que l’un des figurants avait la même tête que lui. S’en suit alors une enquête pour retrouver ce figurant, Antony. Sur Internet, à son ancienne agence, jusqu’à chez lui… la surprise tourne vite en obsession, en recherche effrénée d’un double ayant une meilleure situation. Du moins, c’est ce qu’on pense au premier abord… Enemy est complexe, lent parfois, mais sans jamais devenir long. Malgré les nombreuses interrogations qui nous assaillent à la fin du film, Enemy se regarde facilement. On peut ensuite passer des heures à comprendre la signification de chaque symbole, ou tout simplement apprécier ce que l’on a vu, au premier degré.

Jake Gyllenhaal est impressionnant. Tout le film repose sur son jeu d’acteur, la manière dont il arrive, simplement en changeant sa manière de se déplacer, à paraître plus séduisant qu’avant, plus dangereux qu’avant. Sarah Gadon et Mélanie Laurent, en représentant deux parallèles féminins, imposent aussi chacune une couleur déterminante au film. La théorie du double, les codes disséminés le long du film, et les thèmes qui reviennent plusieurs fois au cours de la séance, font d’Enemy, un bon film. Néanmoins, il est très différent de Prisoners, il est donc important d’aller le voir sans penser à faire un parallèle avec l’autre. Attention toutefois, le film est à éviter aux personnes arachnophobes.

http://www.allocine.fr/_video/iblogvision.aspx?cmedia=19546663

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