Robocop 2014

Dans un futur proche, on ignore quand précisément, on sait juste que cela se passe après 2019, Alex Murphy est un père de famille aimant et un bon policier qui fait son possible pour éliminer le crime à Détroit, dans l’État du Michigan. Suite à l’explosion de son véhicule piégé, son corps est gravement mutilé et brûlé. Murphy est cependant sauvé par OmniCorp, qui utilise son savoir scientifique pour le remettre sur pied : il est transformé en machine, un cyborg du nom de RoboCop spécialement programmé pour rétablir la justice grâce à des méthodes expéditives.

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Avec un budget de 130 millions de dollars – ce qui est conséquent – Robocop n’est pourtant pas un des films américains les plus chers de cette année. En effet, 2014 verra apparaître des blockbusters colossaux ! Contrairement au manque de budget du 1er Robocop de 1987, dont on avait dû supprimer certaines scènes prévues dans le scénario, ici le budget ne semble pas faire défaut. On peut d’ailleurs oublier les mauvaises suites Robocop 2 et 3 dans les années 90, entre-nous cela n’est pas très difficile. Toute la question est alors de savoir s’il fait aussi bien ou mieux que le premier film devenu culte ? Je vous laisse répondre plutôt que d’imposer un avis car il y a vraiment beaucoup de choses à dire sur ce film et même au travers de cette critique, je n’ai pas le temps de tout explorer.

« Est-ce que je suis paralysé ? – Non. ». Inutile d’attendre cette phrase que l’on entend dans la bande-annonce mais qui n’est pas dans le film, probablement coupée au montage final. Malgré tout, que l’on aime ou pas, la première trilogie Robocop avait posé des bases : un historique fictif, retouché dans cette version et qui fait donc hurler les puristes. J’ai toujours eu des difficultés avec les « puristes » du cinéma, le cinéma est un art qui évolue, aussi les modifications appliquées ici ne m’ont pas perturbé.

Les effets spéciaux sont irréprochables, comme on l’attendait, il ne pouvait en être autrement. La violence a été considérablement atténuée. On pourrait – presque – y amener ses enfants, ce qui n’était pas le cas dans les précédents Robocop où le sang coulait à flot.

Mon envie d’aller voir ce film est née il y a un an, lors de la sortie du premier teaser. Très vite, je me suis inquiété du fait que le film ne soit qu’un super mixte, un mélange informe entre Iron man, Transformers et Terminator. De plus, le film a longtemps été repoussé… Et bien, il fait référence à ses films indirectement par clins d’œils. Il ne révolutionne donc pas le genre de science-fiction robotique, non, mais cela ne l’empêche pas de trouver son identité et de s’affirmer, tout en se détachant des films précédents. Ce remake est plutôt utile, en étant moins vengeresque et un peu plus orienté sur l’humain que les anciens Robocop.

Les films avec des robots ne sont pas rares mais pas non plus fréquents (I robot, le dernier Total Recall), il est donc intéressant de porter une attention particulière à la manière de traiter visuellement les robots. José Padilha, le réalisateur, empreinte sans complexe certains passages à des esthétiques de jeux vidéos, puise dans le style manga (sans doute pour plaire au continent asiatique), sans qu’à aucun moment cela ne paraisse faux ou désaccordé.

L’émotion monte lentement, puis elle est souvent coupée brutalement, probablement pour éviter de tomber dans le mélo. Cela laisse peu de place à la véritable émotion. Il y a beaucoup de choses tout au long de ces 2 heures de film. Malheureusement beaucoup d’idées restent peu développées ou insuffisamment approfondies : la vie du coéquipier d’Alex Murphy, le fonctionnement de l’armure, etc. Le film manque cruellement d’humour, je n’ai compté que 4 situations amusantes. Et c’est bien un des problèmes, le film se cherche, entre film noir, film de superhéros, film policier ou simplement film d’action. Même si l’on pourrait aisément le classer dans la catégorie des films de superhéros, tant il empreinte au genre, Robocop remplit le contrat du flic mi-homme mi-robot sans sourciller.

Le film démontre un fort engagement politique et un patriotisme américain typique, que j’avoue avoir trouvé un peu indigeste. Il y a d’ailleurs un débat animé sur les forums à propos de l’aspect politique des anciens Robocop, en effet le réalisateur d’origine, Paul Verhoeven, luttait contre la politique du président Reagan alors en place. Le réalisateur brésilien actuel, José Padhila, est beaucoup plus à droite, comme en témoigne son film précédent Troupe d’élite. José Padhila tourne ici son premier film américain, découvrant les « bienfaits » de tourner une commande de superproduction aux USA : dictature des producteurs, espace d’expression quasi nul, etc. Il s’est plaint que 9 de ses idées sur 10 ont été rejetées, d’après lui, il a vécu un véritable calvaire.

Les personnages sont revus et font quasiment tous peau neuve avec une majorité de méchants. Joel Kinnaman, inconnu du grand public en France, obtient ici son premier grand rôle au cinéma avec Robocop. Il s’en sort pas mal. Il aurait pu mieux faire mais jouer avec une combinaison aussi prenante et limitante, est une performance. En décrochant ce rôle, il bat ainsi Michael Fassenberg et Chris Pine qui auraient été approchés. Habitué des seconds rôles (policier dans la dernière trilogie Batman, Sirius Black dans les Harry Potter), Gary Oldman est toujours aussi bon. Quelle injustice qu’il n’ait jamais eu un Oscar ! En médecin expérimental, son personnage est tortueux, complexe, toujours à la limite. C’est le personnage le plus réussi et le mieux joué de tous. Samuel L. Jackson a des cheveux, oui, oui, des longs cheveux ! Lorsque l’on passe au delà de cette bizarrerie, c’est son personnage de présentateur, Pat Novak, qui entérine les idées politiques sécuritaires très pragmatiques, et cela me laisse un peu perplexe. Il remplace et symbolise les informations d’actualités récurrentes présentes dans la première version de Robocop. Jackie Earle Haley (Watchmen) joue ici un des antagonistes principaux en militaire entraîneur de Robocop, avec talent, malgré le fait qu’il a principalement le visage froid et figé. Mais là encore, son rôle n’est pas suffisamment approfondi et fait clairement référence à Elysium. Son final n’est pas suffisant, plus axé sur Raymond Sellar (Michael Keaton), le directeur opportuniste d’Omnicorp qui s’amuse tout au long du film. C’est ce dernier méchant qui est le plus présent à l’écran, car Antoine Vallon, l’assassin d’Alex Murphy, est lui aussi assez bref. La jolie Abbie Cornich en femme d’Alex Murphy pleure pendant tout le film. Un rôle de femme forte, cependant, qui fonctionne plus ou moins bien en duo Cornish/Kinnaman, mais là encore un manque de profondeur.

La combinaison, et plus globalement l’aspect visuel du personnage de Robocop fait, pour une bonne partie, le film. Le bruit de pas inquiétant, sourd, sans être trop métallique notamment. L’homme robot valant 2,6 milliards de dollars, il est ici en noir tout au long du film, ne revêtant la nouvelle combinaison couleur gris-métallisé avec l’insigne de la police qu’à la fin du film. Fin de film qui comme à l’accoutumée dans les films américains est expédiée à la va vite.

Le film est plutôt bien reçu dans l’ensemble du monde, tant en Amérique, qu’en Europe ou en Asie, il fonctionne bien sans être un énorme succès. Très divisés entre ceux qui adorent et ceux qui détestent, ce film ne peut laisser indifférent. C’est un film qui s’adapte à notre époque, au goût du jour, avec quelques maladresses, quelques moments forts. Un remake qui prend ses marques en faisant de son mieux, 25 ans après le film original. Quelques questionnements apportent au scénario un début de profondeur et une vision des choses digne d’intérêt. Robocop est donc à voir, ne serait ce que pour le comparer aux anciens films, ou pour découvrir l’histoire, pour les scènes d’actions ou pour le plaisir de voir certains acteurs populaires. Il appelle inéluctablement à une suite, ne reste donc plus qu’à attendre l’annonce officielle qui ne saurait tarder. Ma note, pas assez pour 4 mais plutôt mieux réussi que 3 donc : 3.8/5.

http://www.allocine.fr/_video/iblogvision.aspx?cmedia=19539448

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