Le vent se lève

Jiro est un petit garçon qui rêve de voler. Malheureusement sa myopie l’empêche de devenir pilote, il décide donc d’inventer des avions. Entre ses rêves où il rencontre le célèbre ingénieur Giovanni Caproni et son parcours scolaire, on suit le déroulement de sa vie de la découverte de sa vocation à sa réalisation.

Affiche Le vent se lève - Hayao Miyazaki

Pour moi Hayao Miyazaki est un dieu, je n’ai jamais été autant émue, touchée, étonnée que par ses films. Chacune de ses réalisations m’a donnée l’impression d’être de nouveau un enfant devant un monde étrange, immense et mystérieux. J’ai admiré ses héroïnes, fortes et déterminées, j’ai voyagé sur le dos de dragons, dans les nuages, dans les forêts, j’ai parcouru un imaginaire débordant, incommensurable. Aussi, je pense que vous l’avez compris, j’attendais énormément du Vent se lève, son dernier film avant sa retraite. La musique, rien que dans la bande annonce m’avait convaincue d’aller voir le film, Joe Hisaishi, compositeur habituel de Hayao Miyazaki, est toujours aussi inspiré. Mais à part cela, on ne retrouve aucunement le talent du grand maître de l’animation…

Dans ma critique de La colline aux coquelicots, réalisé par Goro Miyazaki, le fils d’Hayao, j’avais décrit la façon dont, pour moi, le fils avait réussi à se détacher du père trouvant son propre style, réaliste, amoureux, très différent du fantastique et du drame des films d’Hayao. Et ici, dans Le vent se lève, j’ai l’impression de l’inverse. Hayao tentant de se rapprocher du style de son fils, nous décrivant une histoire sans monstres, sans bestioles étranges, sans arbres magiques, sans une nature omniprésente. Le personnage principal Jiro est un garçon, chose peu commune pour le réalisateur, mais surtout il évolue dans un monde identique au notre, tombant amoureux, rêvant d’un travail somme toute, assez commun.

En fait, je me suis ennuyée pendant le film. Je ne suis pas rentrée dans l’histoire, j’ai trouvé les pérégrinations du héros longues et peu intéressantes. Pourtant j’ai eu quelques soubresauts, lors du tremblement de terre où l’on semble entendre rugir la nature, lors de la description des rêves de Jiro, ses discussions avec l’ingénieur italien Caproni. On ressent tout de même la poésie propre à ce réalisateur. Mais à part cela, je n’ai pas rêvée, et je ne me suis pas envolée. Toute l’histoire entre Jiro et Naoko m’a semblé inutile. Hayao Miyazaki ne sait pas décrire le sentiment amoureux, j’avais ressenti beaucoup plus d’amour entre les deux personnages principaux du Château dans le ciel ou du plus récent Le château ambulant sans qu’il y ait eu besoin de nommer ce sentiment. Et pourtant ici, on a un étalage de ces sentiments amoureux qui plombent l’histoire et la rendent beaucoup moins intéressante.

On sent pourtant un potentiel fort dans le scénario, le thème des avions, cher au réalisateur, la présence de fantasmagories dans les rêves du personnage principal, la présence de la guerre… Que dire à part que j’ai été déçue. Peut-être même une de mes plus grandes déceptions cinématographiques. Beaucoup de critiques parlaient de la “maturité” du réalisateur dans ce film. Pour moi, Hayao Miyazaki n’avait aucune maturité à acquérir puisque la force de ces films est de nous emmener dans notre enfance, dans nos plus beaux rêves, nos plus terrifiants cauchemars, il n’avait nullement besoin de signer une oeuvre réaliste pour terminer sa carrière.

http://www.allocine.fr/_video/iblogvision.aspx?cmedia=19539872

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