Entretien avec Julien Courbey

C’est le moment de prendre un temps d’avance… Alors éteignez votre télé, installez-vous au fin fond de votre fauteuil, respirez profondément et ouvrez grands vos yeux… En exclu dans “Quirky Magazine”, je reçois un acteur connu et reconnu par son talent et sa “tronche”… JULIEN COURBEY !!!!!!!

Christelle Da Silva : Comment choisissez-vous vos scénarios ?

Julien Courbey : Par rapport au sujet, au thème…Après voilà, si je rentre dans l’histoire tout simplement sans trop me poser de questions comme si je lisais un roman; et après, oui, quel personnage j’interprête, mais c’qui est intéressant c’est surtout le sujet, la narration, le réflexion qu’il y a derrière, si le scénario me plaît je fonce ! J’préfère avoir un p’tit rôle dans une belle histoire qu’un grand rôle dans une mauvaise.

C.D.S : Combien de temps préparez-vous votre rôle avant le tournage ?

J.C : Pour “ORPAILLEUR” (de Marc BARRAT) par exemple , j’ai eu le temps de le préparer pendant 3/4mois, donc ça c’était bien, ça me permettait de me mettre vraiment dedans;  C’est un touriste en quelque sorte qui arrive en Guyanne, il rentre dans la fief de l’or etc. et tout ce côté négatif qu’il y a. C’était bien, parceque, voilà, j’ai pu vivre un peu avec tous ces gens là, voir comme ça se passé, c’était vraiment intéressant quoi ! Là c’était top, parcequ’il y avait une bonne progression à faire et cette progression j’essayé de la faire le mieux que je pouvais. Pour d’autres films aussi, “FAUBOURG 36” (de Christophe BARRATIER), même si c’était un rôle qui était petit en vérité, qui n’avait pas beaucoup de texte etc., mais qui était super intéressant visuellement. Le personnage c’était un faschiste des années 30 etc., c’était entre deux guerres, donc c’était vraiment intéressant et là, j’ai emmené un truc assez sale (sourire). C’est bon de faire les méchants en vérité…pas les méchants, c’est un clichton ça, mais faire les gens qui ont une double moralité quoi ! L’ambiguité morale, on va dire. J’aime bien ça ! Et j’ai eu un mois de préparation.

C.D.S : Interprêter un faschiste, ça a joué sur votre vie personnelle ?

J.C : Indirectement ouais, toujours un p’tit peu. J’pense que…souvent dans l’école du théâtre français on dit qu’il ne faut pas exploiter le vécu, c’est très mauvais, que exploiter le vécu dans un personnage dramatique ça peut être très malsain, il ne faut pas le faire. Alors que dans la méthode de STANISLAVSKI la méthode Russe, ou la méthode Américaine ACTORS STUDIO, WALTZER, MEISNER etc. c’est tout le contraire, on se base beaucoup sur le vécu, sur les sentiments qu’on a pu avoir dans notre vécu, l’approche n’est vraiment pas la même. Pour le coup, quand on travaille comme ça, ben forcément, personnellement c’est pas toujours très très sain. Après, ça dépend des personnages qu’on interprête. Mais quand ces des personnages assez dures, dramatiques ou quoi, ça peut nous mettre mal quand même.

C.D.S : Comment l’idée est née de réaliser “UN TEMPS D’AVANCE ” ?

J.C : “UN TEMPS D’AVANCE”, c’est arrivé d’une idée toute bête, je faisais un téléfilm pour Canal+, avec Jean-Paul Rouve et Ludovic Berthillot qui s’appel “MONSIEUR TANNEUR” (de Stefan LIBERSKI) et j’avais le scénario de ce projet là et j’l’ai fait lire à un pote “SAÏKO” avec qui je travaille, mon binôme, qui lui à la base est rappeur et bookmaker, donc il le lit, il m’dit” C’est bien mais franchement ça casse pas des briques, quoi!”, j’lui dit “Ben, c’est un téléfilm, y’a de l’idée, y’a une reflexion, c’est un bon scénario” et il m’dit “Ouais, j’suis sûre, qu’je peux faire mieux!” j’lui dis “Ben, vas-y alors ! Montres-moi, écris, on va voir…” Il écrit un premier jet, j’le lit et là j’me dis “Ouais, putain, bien, quoi! Y’a d’l’idée, c’est un film choral, on est dans le genre pure, un film parisien très noir, tout se passe la nuit à Paris, noir et blanc scope, ça a du chien pour moi ! ” et j’commence à bosser avec lui et de là on s’est dit, on va peaufiner ça et en parallèle on va en faire un court métrage avec deux scènes, exercice de style, du jeu pas trop accentué, mais surtout amener un climat, une ambiance. Et donc, on a fait ce teaser, on l’a présenté à Cannes et on avait déjà un scénario qui était à la cinquième versions, qui n’était pas encore abouti et on a démarché le bb. Personnellement, comme je ne suis que acteur, au départ et quand j’ai lu le scénario et qu’on avait des idées ensemble, ça m’a donné envie d’être derrière la caméra. Ce que je n’aurais jamais pensé un an en arrière et donc pour le coup en lisant ça, j’le réalise et là, gros kiffe ! J’adore le faire et j’me dis “Bon, on va continuer sur cette voie”, on a commencé à travailler sur d’autres projets. Ont s’est rendus compte, voilà, que écrire un scénario, aussi, derrière on n’a pas de prod, là ça a été une erreur, donc là on va amener des idées, et voilà si les idées sont bonnes et efficaces et originales, voilà, on va les défendre et les vendre et après l’écrire. Et voilà, on arrive à Cannes cette année pour ça! Avec des projets de longs, dont un “UN TEMPS D’AVANCE” la version 11, qui pour moi n’a pas grand chose à changer et on va démarcher. Cannes ça s’est bien passé, maintenant, on va passer aux choses plus sèrieuses à Paris.

C.D.S : La réalisation vous intéresse plus que le jeu ?

J.C : Ben là, pour le coup, j’préfère, être derrière la caméra en ce moment, j’ai envie d’être maître de mes sujets, j’ai pas oublié le métier d’acteur loin de là, le seul truc, c’est que j’aime être dans des bons sujets et des rôles qui donnent envie de tout donner. Après si c’est pour faire des rôles à la con, non. Des sujets à la con, non merci.

C.D.S : Avec qui souhaiteriez-vous travailler ?

J.C : Oh, il y en a plein ! Audiard bien sûr, j’aimerais bien bosser avec Audiard, sur des sujets peut être un p’tit peu moins intellectuels, j’trouve qu’il va dans des trucs un peu trop intellectuels dernièrement, ça m’intéresse moins…Après, même des inconnus, moi, à partir du moment que j’arrive avec quelqu’un qui est passionné, avec un putain d’sujet, qui a la niaque, qui en veut…si j’peux l’aider, je l’aide et voilà, si on peut faire un beau sujet, une belle histoire, voilà quoi…Après, en tant que réa. par exemple, moi, j’aimerais bien confronter Al Pacino avec un Daniel Day-Lewis, une confrontation avec deux acteurs qui ont jamais joués ensemble avec un putain de scénario, un vrai thème, un vrai sujet, par forcément un truc contemporain pour le coup, en plus un sujet d’histoire et là on fait un super beau truc !

C.D.S : Y a t-il un rôle particulier que vous aimeriez interprêter  ?

J.C : Comme j’dis, c’est pas des rôles, ces des histoires. J’sais pas…après tout dépend, ça peut être une super bonne comédie politiquement incorrect, après ça peut être…je sais pas, ça peut être un film de genre pure. Là, j’ai fait un court-métrage, le film on va le faire, c’est un film de genre complètement gore, cul à fond…un film très trash, même les asiatiques on est entrain de les mettre à l’amende (sourire), parce que le film à choqué…mais c’est serbe, c’est un humour un peu de Kusturica trash, du cinéma indépendant, c’est juste un grand fou et voilà je suis sur ce projet là, parce que c’est un sujet qui me tient à cœur, c’est des délires pures, des projets complètements tarés et je suis sur une autre comédie aussi, plus française, mais avec un bon thème…voilà, en tant qu’acteur il y a encore des choses que je vais faire, mais voilà, j’ai envie d’histoires intéressantes, je suis plus sélectif, c’est vrai. Quitte à dormir dans un square, j’préfère dormir dans un square avec un certain orgueil artistique plutôt que…même si je n’aime pas le mot “orgueil” (sourire)

C.D.S : Vous travaillez souvent avec le réalisateur Djamel Bensalah (Le Ciel, les oiseaux et…ta mère, Le Raid, Beur sur la ville…), qu’est-ce qui vous plaît le plus dans son travail ?

J.C : Quand il est sincère. Pour moi, il a fait trois films sincères vraiment. Dans son premier “LE CIEL, LES OISEAUX ET…TA MERE” “IL ETAIT UNE FOIS DANS L’OUED” et “BIG CITY”. Djamel, il aime le cinéma populaire, mais quand il est sincère et qu’il amène une réflexion dans ces sujets, c’est là qu’il est le meilleur.

C.D.S : Je vous laisse le mot de fin.

J.C : The freedom of nations is the soul on the creation.

 

*Plus

Vous pourrez retrouver Julien COURBEY dans “REGLEMENT DE COMPTE” de Saïko THLANG et prochainement sa réalisation “DANS LA PEAU D’UN AUTRE”.

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