Une vie française

Une vie française

“Lorsque Paul Blick, 54 ans, photographe pour ouvrages spécialisés, rentre d’un long voyage à l’étranger, il apprend que sa fille Marie a été internée dans un hôpital psychiatrique pour schizophrénie. Quant à Vincent, son fils, il fait tout pour éviter son père. Paul prend alors conscience de ses manquements, de sa propre fuite pour oublier ses blessures. Persuadé que ce sont ses secrets qui l’ont rendue malade, il entreprend de raconter sa vie à sa fille : son passé, sa jeunesse et des secrets de famille qu’elle ne soupçonne même pas…”

Ce téléfilm diffusé sur France 2 hier soir est l’histoire d’amour entre un père et sa fille, c’est ce bout de courage qu’il faut pour survivre aux situations graves, c’est cette étincelle dans le regard qui est là pour nous rappeler qu’on a vécu. Déjà. Et qui mieux que Jacques Gamblin (Le premier jour du reste de ta vie) peut incarner cela ? Il a ce côté perdu, désorienté, triste, mais fort qui fait que l’on y croit. Qu’on le suit même, et qu’on pleure avec lui.

Et le voilà en père de famille qui revient d’un voyage professionnel pour prendre des photos d’arbres et qui apprend que sa fille n’est pas à la maison, qu’elle est en hôpital psychiatrique pour soigner une dépression. Seulement une fois à l’hôpital, dans la chambre de sa fille, on sait qu’il y a quelque chose en plus. Car Marie ne parle pas, ne réagit pas, ne regarde pas, indifférente à tout et à tous le monde. Et cette Marie est interprétée merveilleusement bien par Pauline Étienne (Élève Libre à voir), tout en sobriété.

Et c’est ce mot qui qualifierait mieux le film : “sobre”, car le sujet est sombre, dur, un homme se rend compte qu’il est passé à côté de sa vie, à côté des gens qu’il aimait, qu’il a tout raté, et même si on pleure, on ne tombe jamais dans le pathétique. Même le passé, réalisé en noir et blanc sur la lutte de mai 68, n’est ni désespérant, ni affligeant, il est juste émouvant malgré parfois une bande son un peu trop présente.

Alors c’est à voir, oui ! et avec des mouchoirs et un petit coup au coeur lors du générique de fin…