Star Trek Into Darkness

Le 12ème film Star Trek est sorti sur les écrans ce mercredi du mois de juin 2013. Une date importante pour les fans.

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Ce Star Trek est, d’après la presse et les fans, le plus sombre de tous les opus. Et je dois me fier à leurs avis car je ne suis pas un fan de Star Trek, ceci dit sans aucun sens négatif, je ne connais juste pas assez bien l’univers créé par Gene Roddenberry en série pour faire une comparaison constructive et impartiale. L’humour est très présent dans Star Trek Into Darkness, ce qui équilibre habilement l’aspect « dramatique » général. Mais pas d’inquiétude, on ne sombre pas dans le mélo même si l’on s’en approche un peu parfois. Certains passages sont un peu lents au début, et la scène d’ouverture me laisse dubitatif. Cela est probablement dû au fait qu’il faut un bref temps d’adaptation pour s’habituer aux choix visuels. Une fois le rythme lancé, après une vingtaine de minutes, on ne s’ennuie pas et l’on plonge dans l’histoire sans retenue. Une histoire assez basique dans son résumé, mais plus complète dans ses fondements, avec des rebondissements parfois surprenants et parfois prévisibles et confus.

Les personnages principaux sont bien travaillés, il faut dire qu’en 50 ans d’existence il y a matière : amour, amitié, trahison, culpabilité, tristesse, relation familiale, tout simplement la nature humaine. Tout y est abordé ou suggéré. L’univers de Star Trek est riche et complexe, autant dire que ceux qui le découvriront pour la première fois ne comprendront pas tous les enjeux et toutes les thématiques qui s’y engagent, ils risquent même de le trouver dénué de sens, ce qui serait une erreur. Il y a beaucoup de suspense, on sursaute donc, on tressaille sur le fauteuil, on rit, on se pose des questions, on réagit.

Star Trek Into Darkness mériterait une petite introduction, que l’on comprenne quels sont les tenants et les aboutissements de l’histoire. Qui sont les extraterrestres ? Quelle est la position de la Terre dans l’univers ? D’où viennent les capacités surnaturelles de Spock ? Mais il faut attendre l’épilogue pour avoir quelques (petits) indices. Il faudrait donc regarder les 11 films précédents et/ou la série (pour ma part je n’ai vu qu’un film Star Trek avant celui-ci et quelques épisodes de la série) pour trouver les réponses à ces questions, ou attendre les suites de Star Trek Into Darkness en espérant qu’elles seront au moins aussi réussies.

L’époque du film est volontairement indéfinie, on suppose qu’il se déroule dans un futur lointain, cela ajoute encore à la confusion générale. Mais l’histoire de Star Trek Into Darkness se veut une relance, un nouveau départ, on appelle cela communément un reboot, rendant quelques défauts et incompatibilités inévitables. Les effets spéciaux sont un triomphe, le maquillage aussi même si pour celui des extraterrestres il est parfois perfectible. Le vaisseau Enterprise, de l’équipage du capitaine Kirk, a été entièrement remodelé numériquement.

Il y a tous les ingrédients classiques de la science-fiction : surhomme, extraterrestres, vaisseau spatial de toutes tailles, batailles spatiales, des mots « scientifiques » incompréhensibles, résurrection, combats, décors alternatifs, armes futuristes… L’on retrouve aussi quelques-uns des sujets et thèmes récurrents de la série télévisée (eugénisme, guerre et paix, technologie, évolution…) et un thème vieux comme le monde mais remis au goût du jour par la paranoïa américaine : le terrorisme. On devine tout au long du film qu’ils ont gardé quelques idées sous le pied pour les suites, et c’est énervant de sentir une retenue de ce genre. Les interactions entre les personnages sont claires et se comprennent assez facilement, même si, par exemple, on peut être surpris de la relation sentimentale entre Spock et Nyota Uhura, puisque Spock est censé ne rien ressentir. Mais tout s’imbrique finalement avec logique et aisance. Chaque personnage a son passage héroïque à un moment ou l’autre de l’histoire.

Benedict Cumberbatch – révélé dans Sherlock, et qui pourrait devenir un des méchants les plus prolifiques d’Hollywood puisqu’on le retrouve en dragon dans Le Hobbit joue l’antagoniste principal : Khan. Il est effrayant, un jeu tout en nerfs et en grimaces, ou au contraire très serein dans les moments faussement calme du personnage. Benedict Cumberbatch est un des acteurs les plus convaincants du film, loin devant Chris Pine (vu entre autre dans Unstoppable) alias le Capitaine Kirk. Zachary Quinto, l’acteur talentueux découvert dans la série télévisée Heroes dans le rôle du très méchant Sylar, incarne ici le légendaire Spock avec une grande justesse et, autant le dire, avec une coiffure pareille c’est un exploit !

Mais le scénario me perd à nouveau dans les méandres de l’incompréhension lorsqu’il parle… à Spock ! Lors d’une connexion via des moyens technologiques, on peut effectivement le voir taper un brin de causette avec le lui-même du futur ! Précision intéressante l’acteur jouant Spock âgé est l’acteur original de la série Leonard Nimoy.

Alice Eve, dans le rôle d’une scientifique qui est aussi la fille d’un des méchants, met à profit sa plastique de rêve mais pas seulement. Son personnage, qui est un mystère au début du film, évolue et se révèle peu à peu, tout comme son jeu d’interprétation, et parvint à trouver sa place dans l’équipe. Simon Pegg popularisé avec Mission Impossible 3 et 4 fait ici ce qu’on lui connait habituellement, une performance certes réussie, mais déjà vue et revue. Zoé Saldana (Avatar, Colombiana) est une actrice complexe et complète, qui perce l’écran en jouant la petite amie de Spock avec émotion. Karl Urban (Le seigneur des anneaux 2 & 3, RED…) dans le rôle du docteur,  Anton Yelchin en mécano spatial, et John Cho dans le rôle de Sulu méritent également d’être cités.

JJ Abrams – je termine par lui car l’on garde toujours le meilleur pour la fin – qui commençait à jouer dans la cour des grands depuis un moment, démontre avec Star Trek Into Darkness qu’il est aussi grand que quelques rares autres réalisateurs. Les producteurs ont d’ailleurs eu la bonne idée de lui laisser quasiment carte blanche. JJ Abrams livre donc un très bon essai, transformé en réussite critique et commerciale. Mieux encore, il a rassuré tous les fans sur son film à venir : Star Wars ! En effet puisque JJ Abrams sera le premier réalisateur à avoir réalisé 2 Star Trek (puisque bien que passé totalement inaperçu en France, il a également réalisé le volet précédent) mieux vaut qu’il soit à la hauteur du défi de succéder au créateur, maître des Jedi, George Lucas. Et après avoir vu Star Trek Into Darkness, nous sommes tous pleinement confiants dans ses capacités et attendons désormais impatiemment le 7 ème Star Wars.

Avec 5 mois de tournage, 2 heures de film, un budget de près de 200 millions de dollars, Star Trek Into Darkness est le film le plus cher de JJ abrams mais aussi le plus rentable au box office avec une conversion en 3D qui semble appréciée malgré l’inexpérience du réalisateur. Une œuvre préquelle qui ne déçoit pas les fans de Star Trek et ça, c’est déjà beaucoup. Star Trek Into Darkness est un bon film qui, d’après moi, ne mérite tout de même pas tout le battage médiatique que l’on en fait. Il ne sera pas le film de l’année, mais est annonciateur de belles promesses et susceptible d’être rentable à long terme au milieu de la jungle de blockbusters de cette année.

A voir donc. Bon film, passionné du 7ème art !

Bande annonce – Star Trek Into Darkness

STAR TREK INTO DARKNESS

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