Qui sommes nous : Emmanuel

Emmanuel Buriez est cinéaste-comédien

Pourquoi as-tu choisi de travailler dans le cinéma ?

J’ai l’habitude de dire que j’ai choisi l’art car j’ai plus confiance en l’art qu’en la politique. J’ai commencé le cinéma en faisant un court métrage à 13 ans avec un caméscope numérique (à l’époque ils étaient très rares), puis j’ai réalisé d’autres courts-métrages jusqu’à décrocher plusieurs prix. J’ai ensuite eu la possibilité de réaliser une série de 12 épisodes, Magic World, avec un très faible budget. La série a ensuite été vendue à la télévision puis plus tard j’ai enchaîné par mon premier film pour le cinéma. N’ayant pas fait d’école de cinéma j’ai participé entre temps à divers téléfilms, métrages d’essais et des productions en tout genre pour approfondir mes connaissances dans plusieurs pays où j’ai eu l’occasion de voyager ou d’habiter. Je tiens souvent les postes de réalisateur, scénariste, acteur, et lorsque c’est possible de chorégraphe combat et superviseur cascades physiques ou plus récemment le poste de producteur délégué.

Incarner un rôle au cinéma, c’est être qui l’on veut, devenir ce que l’on veut, avoir le contrôle total sur sa destinée. Président des Etats-Unis ? Voyageur intergalactique ? Extraterrestre ? Puissant magicien ? Tyran ? Tout est possible l’imagination est la seule limite… Et peut-être aussi le budget du film. De plus le cinéma rassemble tout ce que je souhaite dans une profession : ne pas être routinier, apprendre et mettre à jour régulièrement son savoir, la vision artistique, rencontrer constamment des nouvelles personnes, se déplacer, comprendre les gens à travers les rôles que l’on incarne. Je me suis pleinement et entièrement lancé dans le cinéma après l’arrêt du sport de compétition. Aucun regret.

Quels sont les points positifs ? Les points négatifs ?

Une carrière de cinéma est quelque chose d’éphémère, et un rien peu la réduire en cendres, elle doit renaître constamment. C’est un peu à l’image de la vie et ça me convient. Le cinéma a cette forme qui se travaille dans un cadre que l’on ne trouve nulle part ailleurs.

Travailler dans l’audiovisuel ou dans l’art en général demande constamment de se justifier. Lorsque vous dites « je fais du cinéma » on vous demandera presque systématiquement « ah et dans quel film tu as joué ? » ; c’est spécifique à ces professions. Si vous êtes chauffeur routier on vous demandera très rarement « ah et quels trajets avez-vous fait ? Quelles marchandises avez-vous déjà transporté ? » ou si vous êtes secrétaire « sur quels dossiers avez-vous travaillé ? ». Rien de plus normal après tout, vous vous exposez aux gens, vous avez besoin de leur regard pour vos oeuvres, de vous former public, les gens s’approprient un peu de vous à travers votre travail.

N’es-tu pas lassé des carrières artistiques ?

Non. David Ackert à dit ceci : « Les artistes font partie des gens les plus courageux de ce monde. Ils essuient plus d’échecs en une année que la plupart des gens durant une vie entière. Chaque jour les artistes affrontent le défi financier que leur promet leur existence sans structure, le mépris de tous ceux qui pensent qu’ils devraient exercer un vrai métier, ainsi que leur propre peur de ne jamais retrouver du travail. Chaque jour ils doivent ignorer la possibilité que la vision pour laquelle ils ont dédié leur vie est une illusion. Chaque année passée, beaucoup d’entre eux voient les gens de leur âge franchir les étapes d’une vie « normale » – une voiture, une famille, une maison, des économies. Malgré cela, ils s’accrochent à leur rêve, en dépit des sacrifices. Pourquoi ? Tout simplement parce que les artistes sont prêt à donner leur vie entière pour un instant. Pour cet instant, ce rire, cette gestuelle ou cette interprétation qui saura aller chercher l’âme du public. Les artistes sont des êtres qui ont goûté le nectar de la vie. Et c’est à cet instant précis qu’ils, grâce à leur créativité, savent toucher nos cœurs. Cet instant est proche de la magie, de Dieu et de la perfection. Et dans leur propre cœur, ils savent que se dédier à ce moment vaut un millier de vies vécues. »

Alors oui dans le monde du paraître il y a des gens prétentieux, hautains, supérieurs et condescendants, mais il y a des gens de tout milieu, de toute culture, et si l’on en fait le choix on peut se nourrir de cette richesse et de cette diversité. Mais l’art est mon choix de vie, que ce soit occasionnellement le mannequinat, le chant et la musique, que ce soit les spectacles, l’écriture littéraire ou toutes autres choses auxquelles je m’essaye. Je suis artiste, ou du moins j’essaie.

Qu’est-ce qui t’inspires ?

Tout type de choses : les sons, les musiques, des situations, mais surtout les images. Qu’elles soient fixes ou animées, bien que j’ai une préférence pour les images fixes, peintures, dessins, photos, compositions virtuelles, les images m’inspirent souvent tout type d’idées, elles me touchent, me donnent envie de réagir, d’écrire, d’imaginer. Mon inspiration varie selon les périodes et les endroits.

Comment s’organisent tes journées ?

Le cinéma est mon activité principale. Les tournages commencent tôt et finissent tard et laissent peu de temps au reste. Lorsque je ne suis pas en tournage, je prépare mes films et c’est alors souvent d’interminables démarches administratives bien plus que de conceptions artistiques. Bien que j’ai arrêté le sport en compétition je continue à en pratiquer régulièrement, et lorsque je ne suis pas en train de préparer un projet de film ou tout autre projet artistique, il y a de forte chance pour que je sois en voyage, avec une équipe humanitaire, ou seul.

Comment tu te vois dans cinq ans ?

J’ai déjà du mal à m’imaginer demain alors dans 5 ans c’est difficile à imaginer. Je serais là où le courant de la vie m’aura échoué et là ou mes pieds m’auront traîné.

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes qui voudraient suivre tes traces ?

D’écouter les conseils, mais de ne pas obligatoirement s’y fier. Il y aura toujours des gens pour vous donner des conseils, mais c’est votre voie pas la leur. De plus les conseilleurs auront toujours au moins dix très bonnes excuses de ne pas vouloir vous voir vous lancer dans ce que vous voulez faire… Seulement un ou deux vous laisserez vous risquer dans une carrière artistique… Mais c’est là toute la beauté de la chose, tout ceux qui ont réussi ont en commun d’avoir essayé…

Un dernier mot ?

Merci à Quirky Magazine
Que la vie vous berce…

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