Qui sommes nous : Aude

Si tu devais te qualifier, tu choisirais écrivain, ou comédienne ?

Je choisirais écrivain. J’ai toujours écrit, et je suis certaine que j’écrirais toujours. Si on me retire ça, c’est une peu comme si je n’avais plus de raison de continuer. J’aime être comédienne mais je ne le serais pas toujours parce que cela dépend de trop de critères sur lesquels je n’ai aucun pouvoir.

Pourquoi ? Qu’est-ce que cette vocation a de plus que l’autre ?

Je ne serais pas toujours aussi jeune, aussi mignonne ni aussi disponible pour les castings et correspondant à leur idées des personnages. C’est un métier très difficile qui dépend en grande partie du physique. Mais je serais toujours écrivaine. C’est une vocation très forte, irrésistible. Même si j’essayais d’arrêter d’écrire je ne pourrais pas, parce que c’est quelque chose que je fais depuis toujours. Quand j’écris, je suis Dieu. Les personnages, les décors, les histoires, tout sort de ma tête et c’est fantastique d’avoir un tel pouvoir. Je prends quand même des pauses, et encore plus maintenant que j’ai la vingtaine et que je me dis qu’il est temps de vivre ma vie. Je sais que j’arrêterais d’écrire quand je serais dans la tombe, et pas avant.

A la base pourquoi as-tu créé Brèves de vies ?

J’ai crée Brèves de vies sous l’influence de magazines crées en lignes qui proposaient des interviews de jeunes photographes. Je me suis demandé pourquoi est ce qu’il n’y avait pas d’équivalent pour les jeunes écrivains. Ça m’a paru être une bonne idée à créer. J’ai demandé de l’aide à mes amis, aux autres écrivains que je connaissais puis à d’autre que j’ai contacté en ligne.

Pourquoi l’avoir transformé en quirky ?

Je ne me satisfaisais pas de centrer Brèves de vies sur un seul secteur, l’écriture, quand je voyais autour de moi tant de jeunes et talentueux artistes d’autres domaines. Je me suis dit qu’il serait dommage de ne pas pouvoir créer un réseau pour les jeunes artistes qui nous permette de nous entraider et de nous faire connaitre. J’en avais marre de magazines traditionnels écrit par des gens qui étaient hors du coup. Je trouvais que nous n’étions pas représentés en dehors du circuit traditionnel. Ma plus grande inspiration a été un numéro spécial de Dazed and Confused écrit par, pour et sur les jeunes et je me suis dit que c’était quelque chose comme ça que je voudrais faire. Alors j’ai contacté des ami(e)s, des ami(e)s d’amis et ainsi de suite j’ai pu rassemblé une équipe.

Si tu devais revenir au début du projet, qu’est-ce que tu changerais ?

A l’époque j’aurais bien aimé avoir une équipe mais je n’avais trouvé personne. Avec le recul, je me dis que les choses auraient été plus simple si j’avais eu des gens pour m’aider à construire le magazine, à le vendre et à l’organiser parce que manifestement, je ne pouvais pas tout faire toute seule.

Es-tu satisfaite de la tournure que prend quirky ?

Oui et non. Je suis fière d’avoir pu rassembler une équipe autour du magazine et d’avoir un contenu intéressant qui touche tellement de gens et permet de découvrir de nouveaux talents. Cependant, je tends à être perfectionniste et j’aurais souhaité que le magazine soit accessible à une plus grande échelle, qu’il s’étende dans d’autres domaines et que plus de collaborateurs nous rejoignent. Il y a tellement de gens et de choses à faire, je ne veux pas que Quirky les manque.

Tu recrutes toujours ?

En ce moment non, parce que gérer l’équipe à son niveau actuel prend beaucoup de temps. Mais il est possible que prochainement, l’équipe s’agrandisse et que certains statuts changent. Alors je vais dire oui.

N’es-tu pas lassée des carrières artistiques ?

Je ne pourrais jamais l’être. Les disciplines artistiques sont l’un des rares domaines ou l’on trouve des gens aussi passionnés par ce qu’ils font, prêts à se lever à 6 heures ou moins du matin pour faire ce qu’ils aiment. Je trouve qu’il y a quelque chose d’incroyablement libérateur quand on fait un métier créatif. Ça aide à éviter le plan-plan quotidien, cela permet de s’échapper de ce qui nous entoure, de voyager, de découvrir et de s’ouvrir au monde. Il y a tellement de gens qui partent d’idées folles qui leur ont traversé la tête et en créent un monde, à une plus ou moins grande échelle, cela m’inspire toujours et de ces échanges naît toujours quelque chose d’intéressant. Donc je souhaiterais qu’il y ait encore plus de disciplines artistiques dans Quirky.

Qu’est-ce qui t’inspires ?

La plupart du temps, tout m’inspire : marcher dans la rue, écouter les gens, voyager, vivre ma vie, faire les courses, rencontrer des inconnus. Mais je dirais qu’en général, c’est la rage qui m’inspire le mieux. Je vois des choses et personne ne les dénonce, personne ne parle de sujets qui devraient l’être. Cela m’énerve et je me dis : s’il n’y a personne pour le faire, alors je le ferai. S’il n’y a personne pour dire ce que je veux dire, de la manière dont je le veux, alors je m’en chargerais.

Tes motivations pour bien commencer la journée ?

Le matin, j’ai du mal à me lever en fait. Je ne pense pas avoir beaucoup de motivations, je me dis juste « Aude, bouge toi de la, t’as des trucs à faire, tu vas pas dormir jusqu’à midi quand même! ». J’essaye de me rappeler qu’il y a peut être des choses cools que je ferai dans la journée.

Comment tu te vois dans cinq ans ?

La grande question. En vérité, je suis incapable de me voir au delà de 6 mois. Je n’arrive pas à voir l’avenir comme une réalité tangible. Mais dans l’idéal j’imagine que j’aurais publié mes romans et donc pris la décision de cesser d’en écrire pour me consacrer à l’écriture de scénario et au cinéma. J’espère que je serais toujours entourée de mes proches, mariée et que j’arriverai à passer le cap des 26 ans et me persuader que je ne suis pas vieille.

Le bon conseil de tata aude c’est quoi ?

Tata Aude aime bien donner des conseils mais en général elle ne les applique pas elle-même ! Je dirais qu’il faut trouver ce qui vous passionne dans la vie, travailler dessus à fond tout en sachant que la vie est injuste et que ce n’est pas parce que vous êtes talentueux et que vous travaillez dur que vous réussirez. Mais il faut croire que vous y arriverez à la fin. La confiance en soi est très importante en général.

Un dernier mot ?

Merci de lire Quirky, de vous intéresser aux articles que nous publions, aux artistes que nous essayons de mettre en valeur. Votre soutien est vital pour nous.

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