Non-Stop

Alors qu’il est en plein vol, Bill Marks, policier de l’air, reçoit des SMS d’un inconnu qui dit être à bord et vouloir assassiner un passager toutes les 20 minutes s’il ne reçoit pas 150 millions de dollars.

Affiche Non Stop

Voici un film qui porte fièrement son blason de film d’action. L’action y est savamment dosée. Le suspense monte lentement, on se plonge assez rapidement dans le vif du sujet, on atteint des pics avant de redescendre, nous sommes ici dans un véritable ascenseur émotionnel, ça monte et ça descend comme le fait l’avion dans le film. On sursaute car il y a certains effets imprévisibles, on panique car Non-Stop sait jouer avec nos peurs et nos phobies, d’ailleurs il vaut mieux pour les claustrophobes s’abstenir d’aller voir le film. On se pose des questions à la manière d’un film policier car c’est aussi un thriller efficace. On angoisse pour les personnages auxquels on s’attache avec retenue, ne voulant pas aimer celui qui pourrait se révéler être le méchant. Et bien sûr, quelques petites fois on sourit.

L’histoire joue habillement avec nos a priori, avec les clichés, la sociologie et la psychologie. Le scénario nous perd volontairement pour venir nous retrouver, et nous communiquer le désarroi du personnage principal. Ce film met en lumière le métier de l’ombre des Marshall, dont fait partie Bill Marks, déployés dans les avions depuis le 11 septembre 2001 sur les longs courriers internationaux, pour contrer les menaces terroristes en vol. La fin n’est pas – aussi – prévisible qu’on pourrait le penser et elle ne se laisse suggérer que peu à peu jusqu’à devenir inéluctable. Dantesque, grandiose.

Les personnages sont bien travaillés, ce qui est encore un plus. Ils sont nombreux et on aurait pu s’attendre à ce que certains soient moins profonds que d’autres, et bien non, ils ont tous leur histoire complète de ce qu’est ou fut leur vie avant de monter à bord de cet avion.

Avec un budget de 50 millions de dollars, certes conséquent, mais deux fois moins que pour la plupart de grosses productions américaines, Non-Stop réussit à nous plonger, avec les effets spéciaux, dans cet imaginaire si réel qui parlera encore plus aux anglo-saxons.

Liam Neesson, cet acteur qui me fascine toujours autant (pour des raisons que j’ai souvent évoquées auparavant dans mes autres critiques), est toujours aussi bon. Aucune surprise sur ce point, cela fait 30 ans, depuis le début de sa carrière, qu’il est un bon acteur. Julianne Moore, en Jen Summers, forme un duo qui fonctionne bien avec Liam Neesson. Son jeu est, on s’en doute, aussi bien interprété qu’à l’accoutumée. Michelle Dockery, connue pour son rôle dans la série Downton Abbey, est ici convaincante en hôtesse chef de file. Tous les autres acteurs sont également à la hauteur.

Le réalisateur Jaume Collet-Serra, surtout connu pour avoir réalisé deux films d’épouvantes dont Esther, transpose brillamment ses compétences dans ce film. Ainsi, il réussit un film bien plus passionnant que son premier thriller plutôt raté Sans identité, qui mettait aussi en vedette l’acteur Liam Neeson. Il a gommé les erreurs qu’il avait commises, pour faire mieux. D’ailleurs, son prochain film sera aussi avec Liam Neeson, une fidélité artistique suffisamment rare à Hollywood pour le préciser. Joel Silver, le producteur très prolifique de ce film, est aussi le producteur des deux Sherlock Holmes avec Robert Downey Jr et de la trilogie Matrix.

Je me permets d’émettre deux petites réserves sur le film :
– La sublime actrice Lupita Nyong’o qui a reçu l’Oscar de la Meilleure Actrice dans un Second rôle pour le magnifique 12 years a Slave, et qui a aussi joué dans Les Bêtes du Sud Sauvage, n’en est ici réduit qu’à un simple rôle de figuration en hôtesse assistante. Dommage.
– Ma seconde réserve concerne plus ma conscience professionnelle d’artiste, ce film est désigné comme franco-américano-britannique, mais pas un seul acteur français n’y apparaît.

Non-Stop est le film inaugural tourné dans les nouveaux studios américains York Studios dans la banlieue de New York, tournage qui a duré environ 35 jours. Une dernière anecdote, qui en tant que passionné d’aviation m’a sauté aux yeux, Liam Neeson mesurant plus de 1.90m, l’intérieur de l’avion est plus grand que les avions commerciaux conventionnels. Les décorateurs ont, en effet, triché sur la taille de l’avion pour qu’il puisse se tenir debout aisément et pour que les techniciens de plateau soient plus à l’aise. Succès critique et financier, un des meilleurs films sortit cette année pour le moment. Très réussit. Ma note 4/5.

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