Le cinéma face au terrorisme

J’aurais voulu être de retour avec une critique joyeuse d’un film sorti dernièrement sur les grands écrans ou un article traitant du monde merveilleux et enchanteur du cinéma, malheureusement l’actualité en décida autrement. Les sombres évènements de l’année 2015 nous ont tous profondément marqués, et il en est de même pour tous les milieux professionnels, le cinéma ne fait pas exception.

Alors que début 2015, suite aux attentats de Charlie Hebdo, de nombreuses autorisations de tournages furent suspendues dans les rues de Paris (qui est une des villes où l’on tourne le plus de films au monde) ; il en fut de même lors des seconds attentats de novembre, mais en pire… Si de nombreux articles ont traité le sujet de l’état d’urgence et ses conséquences dans divers milieux et de différentes manières, rares sont ceux qui ont parlé de l’impact de ces mesures sur les tournages en France.

En effet, dans les jours qui ont suivi le vendredi 13 novembre 2015, de nombreux lieux de réunion (cinéma, salles de spectacle, associations, lieux de cultes, bars, établissement scolaires) furent fermés, rendant impossible la continuité des tournages en cours. Paris et certaines villes de banlieue renvoyaient une désagréable image de ville fantôme. Cela impacta l’économie, le divertissement, le moral…et certains films sortis à ce moment-là virent leur nombre d’entrées freiner sur le territoire national. À ce jour si l’état d’urgence prend fin, la préfecture, les services de police ou encore d’autres services administratifs restent débordés. Or, ce sont eux qui distribuent les autorisations de tournages.

Pour anecdote, si certaines histoires relatent des alertes données lors de tournages avec des armes factices, des passants les ayant pris pour de vraies armes ; il est, en ce moment, d’une complexité extrême de tourner dans les rues de paris avec des armes et ce même pour des superproductions. Cependant, cela ne fait pas fuir pour autant les tournages, la France reste la France telle qu’elle est, avec sa douceur de vivre, sa culture, son mode de vie que l’on ne retrouve nulle part ailleurs ; et le soutien culturel du reste du monde est indéfectible, comme en témoignent les nombreux hommages rendus par presque tous les pays du globe.

De nombreux films traitant de l’Islam, du terrorisme, ont vu leur date de sortie repoussée au cinéma ou pire encore annulée, le sujet étant devenu trop sensible, inquiétant ou tout simplement d’après des majors détenant des salles de cinéma, peu vendeur. Les tournages ont déserté les pays du Maghreb comme la Tunisie (là encore conséquence d’attentats sur leur sol), mais aussi l’Egypte où tant de films s’y tournaient à l’âge d’or du cinéma, et le Maroc, un des lieux de tournage privilégiés pour des plans dans le désert. Ses pays se voient équiper de mesures de sécurité drastiques que seules quelques grosses productions peuvent se permettre.

Le tableau vous semble noir ? Je vais tenter de vous rassurer, le cinéma fut, le cinéma est, et le cinéma sera toujours. Ce fut le cas pendant les diverses crises économiques qui ont secoué plusieurs époques, ce fut à nouveau le cas pendant les conflits armés mondiaux et c’est toujours le cas pendant les actes terroristes de grande ampleur passés ou actuels. Il ne fait aucun doute que le cinéma traitera de ces évènements, les inclura dans des scénarios, une manière de se soigner, d’extérioriser, car cela fait désormais partie de la sombre histoire que le cinéma raconte et revisite souvent. Tant que les gens auront besoin de rêver, de rire, de réfléchir, de s’évader, de s’amuser, le cinéma existera.

Cette année 2016 devrait toutefois être un bon cru en terme de sorties cinématographiques, et je l’espère un bon cru pour tout le monde ! Que la vie vous berce, je vous souhaite une bonne année.

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