La nouvelle vague: Gwendolyn Gouvernec

Comment es-tu devenue comédienne?

Après mon bac, je suis partie un an à Londres. Mon petit ami de l’époque étudiait à la Rada (l’une des plus prestigieuses écoles d’art dramatique), et il m’a littéralement donné sa passion. En rentrant à Paris, j’ai fait un stage d’une semaine au cours Florent. Je n’y connaissais pas grand chose et je ne savais pas ou aller. J’ai ensuite passé l’audition et ai été prise au conservatoire du 19eme; j’y ai étudié 3 ans. Pendant mon cursus j’ai fait beaucoup de courts métrages étudiants, ce qui m’a permis d’apprendre les bases sur un plateau; et puis un copain m’a conseillé à Nadia Perrot, agent chez Cave Canem, qui m’a prise dans son agence. Ce que j’ai apprécié chez elle c’est son intégrité et son énergie. Je cherchais une vraie relation, quelqu’un qui se batte pour moi, je ne voulais pas juste être un pion dans une agence. Les sites des agents peuvent être des bons indicateurs de leur qualité, il suffit de lire la présentation, les types de films que leurs artistes décrochent, le rythme de travail des comédiens. Le côté humain est très important.

Quels sont les bons côtés du métier? Les mauvais?

Les bons côtés sont en premier lieu les riches rencontres humaines que l’on fait et l’inépuisable source de découvertes et de recherches sur ce que c’est que de jouer, de transmettre de l’émotion. Je serai toujours novice, même à 70ans! C’est un métier atypique, il n’y a pas d’horaires, ni de journées fixes. Tu voyages, tu es en défi avec toi même, tu te mets en danger. C’est un luxe d’en vivre. Je reprends la phrase de Pina Bausch qui illustre bien ma pensée « Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus »; l’art en général comble notre aveuglement premier.

Les inconvénients sont l’angoisse que tu peux ressentir dans les moments d’attente entre deux travail, le fait de ne pas savoir quand sera le prochain. Il faut un mental fort. Se faire rejetter fait partie du jeu et il faut savoir l’accepter.

Quel a été le tournant dans ta carrière?

Il y a des comédiens, talentueux, mais qui attendent que les offres viennent à eux, ce qui n’arrive que très rarement. Le travail amène le travail. Je ne sais pas si l’on peut parler de tournant, et puis tournant de quoi? Je vis de ce métier depuis ma sortie du conservatoire, et c’est ça qui est formidable! On dit qu’il faut 10ans pour « faire » un comédien, ce qui est assez vrai dans la mesure où ça prends du temps aussi bien de faire ses preuves que de faire les bonnes rencontres. C’est un cercle vertueux, plus tu travailles, plus tu rencontres des gens, plus ils pensent à toi quand des opportunités se présentent.

Quels conseils donneraient tu à des apprentis comédiens?

Il faut travailler énormément, c’est l’essentiel. Démarcher, savoir vraiment ce que l’on veut et savoir aussi que cela ne se fera non sans peines. Il faut être régulier dans sa recherche de travail, discipliné, sans oublier que l’expérience de sa propre vie servira dans son jeu. Mais il n’y a pas vraiment de règles dans ce métier. Il y a autant de carrières différentes qu’il y a de comédiens.

Comment s’organise tes journées?

Elles sont aléatoires. Quand je suis en tournage, c’est en général de grosses journées. Là je viens de passer un mois en répétition à l’Opéra. Quand je suis off, j’en profites pour m’occuper de moi, aller à la piscine, voir des films et expo qui me nourrissent pour mon travail, lire et travailler des scénarios qu’on m’a envoyé pour des castings. Mes journées sont toujours bien remplies. Il faut accepter que ce métier ne donne pas du boulot tous les jours.

Comment se passe ta vie à Londres, professionnellement parlant?

J’ai démarché des agences en allant sur des sites qui en recensaient. J’ai choisi celles qui me plaisaient le plus et qui pourraient le mieux me réprésenter. J’ai un agent là-bas depuis deux ans.

J’ai récemment tourné dans un docu-fiction de Mike Akester à Brighton, sur l’amitié entre Zola et Cézanne; je jouais la femme de Cézanne. Superbe expérience. J’aime les langues et travailler avec des équipes cosmopolites. Ce qui était aussi le cas sur le film dans lequel j’ai tourné en Italie « Five hours south » de Mark Bacci après avoir trouvé un agent à Rome. Je crois qu’il faut provoquer la chance.

Quels sont tes projets?

Je suis rentrée de Londres il y a un mois. Là je suis « comédienne-mîme » sur le Faust avec Roberto Alagna à l’Opéra Bastille. C’est absolument magique, un univers que je ne connaissais que trop peu. Puis je vais tourner dans un long-métrage en novembre, un film de Gao Xingjian, ce grand monsieur qui a reçu le Prix Nobel de Littérature en 2000. Et en parallèle des pubs, shooting et clip vidéo.

Tu as quelque chose à ajouter?

Viva la vità!

Retrouvez Gwendolyn Gouvernec sur son site : gwendolyn.fr

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