Jurassic World

C’est dans une salle de cinéma bondée que l’écran noir annonçant le début du film se lance. Des œufs éclosent, la musique nous submerge… On entre immédiatement dans le contexte. Pas de temps à perdre, après sa création datant de 22 ans, et 14 ans après le dernier film sorti, nul n’est censé ignorer l’histoire de Jurassic Park, entrée dans l’imaginaire collectif.

Si le titre peut s’avérer difficile à écrire, relancer la saga Jurassic Park regorgeant de créatures de l’ère du crétacé (et non du jurassique, mais inutile de chipoter ce n’est pas un documentaire sur les dinosaures, mais bel et bien, une fiction) l’est plus encore, surtout qu’elle a sollicité une forte attente des spectateurs. Un véritable défi réussi !

Poster2

Rappelons tout de même que ce 4e volet a bien failli ne jamais voir le jour. Un autre scénario avait été prévu puis annulé par la suite, avec quelques idées plus ou moins mauvaises comme, par exemple, un homme-dinosaure… Cela aurait pu présager le pire, surtout après le succès mitigé du 3e film. Jurassic World n’est ni vraiment un reboot ni vraiment, une suite, c’est juste une nouvelle ère. Le film se passe dans le futur certes, mais plus proche que lointain, et on en prend plein la vue rapidement ! Cette adaptation est la plus fidèle du livre, Jurassic Park, de Michael Crichton (qui fut, en son temps, le scénariste le mieux payé d’Hollywood, aujourd’hui décédé) que je vous invite à lire.

C’est un exercice d’équilibriste auquel se livre ici le réalisateur Colin Trevorrow (à la filmographie quasi-inconnue) : faire oublier les faiblesses des précédents volets et notamment le 3e (pas mauvais d’après moi, contrairement à ce qu’en pensent les fans, mais qui s’éloignait un peu trop des deux précédents films), tout en essayant de nous remémorer les points forts de la saga.

Seul bémol, l’émotion est parfois laborieuse, il faut attendre longtemps pour la ressentir. Par exemple, la scène de l’agonie d’un dinosaure, est-ce la faute à l’animatronic ? Ce nouveau film n’est ni plus, ni moins violent que le premier volet (oui, encore désolé, mais il est LA référence). Avec 4 volets, il est malheureusement inévitable que l’on devine certaines choses à l’avance. Mais est-ce un mal ? Après tout seuls ceux qui ont vu les 3 précédents films et s’en rappellent, pourront débattre, et c’est loin d’être le cas de tous les spectateurs.

Indominus-Rex

L’Indominus Rex, le super monstre star de ce Jurassic World, créé à partir des ADN des meilleurs prédateurs dinosauriens, surpasse « presque » tous les autres dinosaures. Vous comprendrez pourquoi ce « presque » en voyant le film, il faut dire qu’il y a plus gros que lui dans un autre élément, mais il est doué de nombreuses capacités inédites.

On retrouve tous les dinosaures des autres volets, que vous pouvez citer sans réfléchir, j’en suis sûr ! Les raptors ont la part belle, au point de pouvoir représenter à eux seuls des personnages à part entière.

jurassic-world-raptor-938849
Les clins d’œil aux précédents volets sont multiples, surtout au premier. Il serait malhonnête de ne pas préciser que certains clins d’œil sont carrément des copié-collé améliorés… Le scénario est rudement bien ficelé, s’il ralentit quelques rares fois, il reste parfaitement huilé pour coordonner tous les éléments de la mythologie, rassemblant ce que l’on attend d’un film de divertissement : de l’action et un peu de réflexion. Chapeau bas donc à Rick Jaffa et Amanda Silver, les scénaristes de Jurassic World, qui ont aussi signé les derniers films de la saga La Planète des singes et le futur Avatar 3.

Les analyses filmographiques de tout type ne manquent pas aujourd’hui. Ici, dans Jurassic World, on peut dire que tout est à l’image de la surconsommation et de la cupidité, de la paranoïa de l’armement, de l’excès du monde du divertissement et de la finance et satyre de la société…

D’après Steven Spielberg, producteur de la franchise, Jurassic World a la meilleure histoire depuis le premier film. On n’est pas loin de le croire.

chris-pratt-velociraptor-jurassic-world

Chris Pratt, devenu mondialement connu depuis Les Gardiens de la galaxie, prend la relève du personnage principal antihéros typique en mâle alpha dans un rôle à code qui lui convient bien, jouant de son charme, de ses muscles et de son sens de la vanne. Il est un des nombreux atouts du film.
Il est toujours aussi plaisant de voir Omar Sy, et attention spoiler : non seulement, il ne se fait pas croquer, mais il ne meurt pas du tout ! D’ailleurs, si la suite est bien confirmée, le but de ce nouveau volet étant de relancer une nouvelle trilogie, il pourrait être de retour avec espérons-le un rôle plus important, car ici, son importance est minime.
Bryce Dallas Howard habituée des superproductions (Spiderman 3, Terminator 4…) en scientifique et tante quelque peu indigne, évolue tout au long du film à l’image de sa coiffure. Je n’arrive cependant pas à me prononcer sur le fait que son duo avec Chris Pratt fonctionne ou pas.

Jurassic World

B. D. Wong reprend son rôle de docteur Henry Wu, Nick Robinson et Ty Simpkins jouant respectivement deux frères, pour tenter de forcer un peu la fibre émotionnelle. Quant à Vincent D’Onofrio, à la filmographie longue comme un bras, il renforce le scénario en jouant un mercenaire en lien avec les dinosaures.
Irrfan Khan (révélé dans Slumdog Millionnaire et vu également dans Le voyage de Pi) amène de l’humour à l’écran, en directeur de parc, tout autant que Jake Johnson (New Girl) en Lowery, opérateur geek avec une moustache affreuse. On salue aussi la performance de Lauren Lapkus (en tant que Vivian, opératrice assistante offrant une scène très drôle avec Lowery) ou encore celle de Jimmy Fallon en lui-même.

Le budget dépasse les 150 millions de dollars (le plus cher, et de loin, de l’histoire de la franchise Jurassic Park) hors budget promotionnel. Si je précise ce fait, c’est que le premier Jurassic Park avait marqué l’industrie du cinéma entre autres choses parce qu’il avait été le premier film, à l’époque, dont le budget promotion était égal au budget du film.

mosa

Les effets spéciaux sont les plus réussis de toute la saga, rendant Jurassic World impressionnant, grandiose, magnifique, intimidant. La 3D reste cependant, à mon avis, une mode déjà dépassée et donc sans grand intérêt. Et puis après tout pourquoi ne pas le dire, il est aussi probablement le plus réussi de la saga avec le premier volet. Le succès devrait renouer avec les chiffres du premier, tant le démarrage dans l’ensemble du monde est bon et l’accueil de la presse plutôt favorable. Après Mad Max sorti en Mai, Jurassic World est LE film du mois de Juin et sans aucun doute un des top de cette année.

À voir tant pour les adeptes du genre (avouons-le genre créé par Spielberg à lui seul), pour les fans d’actions, de dinos, et bien sûr sans les oublier, pour les fans de Jurassic Park, même si ces derniers ont parfois la critique (négative) facile.

Jurassic World était un des films les plus attendus de 2015 et c’est une attente comblée, rien de bien négatif à en dire. Bon allez… je me force un peu, seule la réplique finale est cucul à souhait, mais en dehors de ce détail vraiment poussif, il n’est pas loin de la perfection.

jurassic-world-poster-bryce-dallas-howard

Deux heures qui passent sans que l’on s’en rende compte entre nos sursauts de surprise ou de frayeur. D’ailleurs, j’ai vu plusieurs personnes se cacher les yeux lors des apparitions de nos terrifiantes bébêtes.

Ma note 4,5/5. Un peu plus que la moyenne du public qui est à 4, mais je suis un grand fan des effets spéciaux virtuels, des suites réussies, de Spielberg, et des dinosaures.
Que la vie vous berce.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.