Interview Forum Jeunes Ecrivains

Plusieurs membres du forum ont décidé d’éditer un recueil regroupant les nouvelles d’une dizaines de membres et dans lequel se trouve ma nouvelle « Un tour de main ». Cela a été l’occasion d’éditer pour la première fois plusieurs de ces très jeunes auteurs.

J’ai profité de l’occasion pour poser quelques questions à 3 d’entre eux, Laura-plume, Hobo et Hiendi-Mond.

Laura-Plume

-Comment est née ton envie de devenir auteure?
En fait je ne dirais pas que j’avais envie d’être auteure, mais plutôt qu’un jour il m’est venu l’envie de mettre sur papier des histoires que je m’inventais, puis est né le plaisir de jouer avec les mots, sur les mots. Et enfin, j’ai eu envie d’être lue pour que le plaisir que me procurait la lecture de ces textes soient partagée. Ça donne plus ou moins des bonnes surprises, mais l’exercice est devenu une habitude.

-Comment s’organise ton processus d’écriture?
Je commence toujours par penser à un personnage qui se dessine petit à petit dans ma tête. Et après il lui arrive quelque chose. Alors je peux penser à une trame, et au fur et à mesure le personnage de base lui-même s’étoffe.

-Quels sont les bons et mauvais côté du métier?
Je ne crois pas que ça aide à survivre, et il faut une sacré force de caractère pour ne pas se sentir blessée au moindre mot. Enfin, ce n’est pas le métier que je souhaite faire.

-En quoi être une jeune auteure influe sur ton écriture, ton approche du métier et du milieu de l’édition?

Quand je lis, je suis de plus en plus critique. Après je deviens plus difficile aussi au niveau de mes lectures. Pour le reste, je ne me sens pas très concernée.

-Quels sont tes attentes?
Des retours sur les lectures, pour savoir si ça valait la peine de faire partager ou si finalement je ne dois continuer que pour mon plaisir personnel, ce qui pourrait finalement être frustrant.

-Hobo

-Comment est née ton envie de devenir auteure?

Eh bien ça a commencé dès mon plus jeune âge, lorsque ma maman me lisait des histoires avant de m’endormir… simple problème, cela ne marchait pas, puisque je voulais tout le temps savoir la suite !
Ensuite, j’ai commencé à lire assez tôt (6 ans). J’ai pris goût à la lecture très vite ; je me vantais même devant mes parents d’avoir lu un livre de deux cent pages en un mois !
Et puis vers neuf ans, j’ai voulu tester l’écriture. Quelques mots par-ci, par-là ; ça n’allait jamais bien loin. Je me sentais emplie de fierté après avoir écrit quelques vers de poèmes ; j’ai même commencé à écrire une petite histoire de 4/5 pages à l’âge de dix ans.
Plus tard, je me suis rendue compte qu’il m’en fallait plus. Alors j’ai beaucoup écrit (poèmes, nouvelles, textes sans fin concrète), pour pouvoir progresser un peu.
Maintenant, j’écris des nouvelles de quelques pages, et j’ai même eu l’audace d’écrire un début de roman. Mais je me suis vite rendue compte que c’est bien du boulot…

-Comment s’organise ton processus d’écriture?

Tout d’abord, j’écris ce qu’il me passe par la tête. Des mots qui n’ont, en premier lieu, aucun rapport ; puis je rajoute quelques petites choses, histoire de tourner quelque chose de correct.
Ensuite, je me relis 4/5 fois, je corrige les fautes d’orthographe, de syntaxe, de conjugaison etc. puis je rafistole quelques mots ici et là, je rajoute des phrases, des idées qui ne m’étaient pas encore venue en tête.
Et voilà que je passe de une ou deux lignes à une ou deux pages.

-Quels sont les bons et mauvais côtés du métier?

Je ne peux encore parler de métier puisque je n’ai que 15 ans…
Mais je vais faire comme !

Pour les bons côtés…
C’est un très bon moyen d’évacuer ce que l’on ressent : tant bien le stress, la peur, la joie. Cela nous permet de passer un message plus ou moins direct, plus ou moins franc ; on peut écrire sur papier ce que l’on pense tout bas, et que jamais on n’a osé dire : c’est bien plus simple de parler librement et sans crainte à l’écrit plutôt qu’à l’oral !
C’est également un bon moyen de s’instruire.
Je trouve aussi extraordinaire de passer ses journées à inventer tout un monde ! Le monde que l’on rêvait étant petit, par exemple. C’est formidable de consacrer son temps à écrire quelque chose qui nous tient à cœur !

Et pour les mauvais côtés…
Petit problème d’inspiration peut devenir grand fardeau dans ce métier !
Parce qu’il peut y avoir des moments où l’on manque considérablement d’idées, et là ça fait un sacré creux dans le roman.
A part ça, il n’y a (pour moi) pas vraiment d’autre inconvénients.

-En quoi être une jeune auteure influe sur ton écriture, ton approche du métier et du milieu de l’édition?

Être des jeunes auteurs nous permet de chercher notre style d’écriture très tôt et nous permet de nous remettre dans le droit chemin tant qu’il est encore temps.
En général, quand on écrit, on lit, donc on peut pêcher un peu dans des livres dont le style nous plait pour ensuite trouver sa vraie personnalité.
Et puis on peut lire les œuvres d’autres jeunes écrivains (bonnes ou mauvaises) pour ensuite se remettre en question.

-Quelles sont tes attentes?

Eh bien j’essaie de ne pas être trop gourmande pour l’instant ! J’écris juste par plaisir, bien que l’envie d’écrire un livre me tente un tantinet…
Mais il faut beaucoup de patience, de persévérance, mais aussi de talent (ce que je ne pense pas vraiment avoir !).

-Tu as quelque chose à ajouter?

Toujours croire en ses rêves, même les plus fous.

-Hiendi Mond

-Comment est née ton envie de devenir auteure?

Question bien difficile. Il arrive un moment où l’écriture fait partie de notre vie. Personnellement, j’ai l’impression d’écrire depuis toujours. Et pourtant, quand j’y réfléchis bien, je me rends compte que c’est assez récent… Mais ça ne répond pas à la question.

L’envie de devenir auteure… Pour moi, ce sera écrivain, au fait. Je ne me considère pas comme « auteure » (et puis je n’aime pas le mot). Bon, je ne réponds toujours pas à la question. Mais elle est vraiment dure.

Comment est née l’envie d’écrire… Sincèrement, je ne sais pas. Peut-être que c’est une partie de nous, une énième facette de notre caractère. Essayez de demander à un musicien d’où lui viennent ses facilités. Que croyez-vous qu’il vous répondra… ? Pour tenter de dire quelque chose, je dirai qu’il arrive un moment où écrire n’est plus une envie, une simple « lubie ». Écrire devient un besoin, une nécessité. Il y a des soirs où je me sens très mal parce que je n’ai pas écrit de la journée. Alors, je ne peux pas m’endormir sans avoir écrit, écrit, écrit, beaucoup. Même si je fais des fautes ; même si je dois me lever le lendemain à 6h30 et qu’il est déjà 4h du matin. Parce que l’écriture est rentrée dans ma vie.

-Comment s’organise ton processus d’écriture ?

A peu près comme celui de tous les autres, je pense, mais il doit avoir ses spécificités, bien évidemment ! Quand me vient une idée, j’ai toujours non loin de moi un endroit où la noter. Que ce soit une marge de cahier, mon carnet où je recopie tout ensuite ou même… Mon bras, par exemple. Une idée est quelque chose de très précieux ; alors plutôt passer pour totalement ridicule que de la perdre !

J’écris ensuite une nouvelle, un roman, j’ai souvent plusieurs textes en même temps – tout comme on lit parfois plusieurs livres – que j’avance au gré de mes humeurs. Parallèlement, j’entame une relecture, qui pourra être multipliée par deux, trois, quatre… Je traque sans relâche la moindre faute, la petite phrase qui ne me plaît pas… C’est parfois long et fastidieux, mais on est toujours heureux de se dire qu’on a fait avancer les choses.

-Quels sont les bons et mauvais côtés du métier?

Encore une fois, que de biens grands mots ! Je ne considère pas que c’est un métier, pour moi (à 13 ans, tout de même !). Disons que c’est juste une passion. Parenthèse refermée.

Les bons et les mauvais côtés… Les mauvais d’abord, pour faire passer le pire en premier, alors ! Comme je l’ai déjà évoqué, l’obsession qui peut être provoquée par un manque d’écriture est très dérangeante. Et le sentiment d’insatisfaction. La déception par rapport à ce qu’on a pu faire. C’est vraiment très dur ; quand je pense parfois à certaines choses que j’ai écrites, je suis vraiment déçue par moi-même, et ça me fait mal au cœur. Comme le sentiment de voir toute sa nullité écrasée devant soi. Les bons côtés… Il y en a tellement ! La satisfaction de faire lire ces écrits à d’autres. Le partage. Le degré supérieur de satisfaction que vous offre une critique positive. Cette magie d’écrire qui stoppe le temps… Le bruit du clavier, du porte-mine ou de la plume sur une feuille de papier. Et voir ladite feuille se noircir sous votre encre. L’imagination qui coule à flots… Oui, vraiment, il y a trop de bonnes choses dans l’écriture pour pouvoir toutes les citer.

-En quoi être une jeune auteure influe sur ton écriture, ton approche du métier et du milieu de l’édition ?

Mon expérience m’a permis, je suppose, d’avoir un œil plus aguerri. J’ai appris à reconnaître la qualité des éditeurs. Je peux m’ouvrir à plus d’ouvrages, aussi, je suppose.

-Quelles sont tes attentes ?

En tant qu’écrivaine, j’aimerais être éditée. Pour faire original ! Plus concrètement, j’aimerais la reconnaissance de mon travail, par quelqu’un soit que je ne connais pas soit pour qui j’ai la plus grande estime en son jugement. J’ai vraiment foi en le regard des autres, qui est en quelque sorte la plus belle façon d’exister. Et j’ai foi en le regard des autres sur mes écrits, même s’il arrive qu’il me blesse ; il faut savoir prendre le pire comme le meilleur.

-Tu as quelque chose à ajouter?

C’est peut-être parler pour ne rien dire, mais merci à toi, pour cette interview. C’est un bon moyen, me semble-t-il de s’exprimer, et une chance pour un écrivain.

Je remercie ces trois auteures d’avoir répondu à mes questions. Pour en savoir plus sur elles, achetez donc le recueil de nouvelles, ce qui vous permettra du même coup de soutenir des jeunes auteurs sans le sou armés de leur seule passion!