Financer un film sans maison de production

Financer un film n’est pas chose simple. Se lancer dans cette aventure – à moins que vous ne soyez millionnaire – prendra plusieurs mois et voire même plusieurs années. Si l’on fait le choix délibéré de financer son film sans passer par une maison de production spécialisée ou une chaîne de télévision, c’est un long parcours et une bataille ardue qui vous attend, quelque soit votre niveau de notoriété.

Pourquoi voudrait-on financer un film sans maison de production ?

Pour de multiples raisons : la première idée que l’on se fait en annonçant que l’on va financer un film sans maison de production et que c’est parce que l’on a échoué à en trouver une, et c’est vrai dans 50% des cas. Au contraire, certains n’auront tout simplement pas chercher à démarcher les agences de productions pour garder un contrôle total sur leur œuvre. L’argument revenant alors le plus souvent est la liberté artistique.

Néanmoins, il y a un prix à payer et c’est le cas de le dire quelque soit le choix fait pour financer un film. Sans producteur ponte, il vous faudra plus de temps, les risques ne seront pas partagés et il sera entièrement de votre responsabilité de convaincre vos éventuels partenaires.

Dans ce cas, où trouver les financements ?

Les associations : La France est un des pays qui compte le plus d’associations diverses au monde. Les associations sont subventionnées par l’État pour réussir à bien leurs missions. Si votre projet de film peut rentrer dans une des catégories principales des associations (divertissement, sport, humanitaire), elles se feront un plaisir d’investir partiellement ou globalement dans votre projet. Faites-en le tour, c’est probablement le moyen qui vous prendra le plus de temps de recherche et de prospection.

Les sponsors et le placement de marque : L’autre possibilité est la recherche de sponsors et de placements de marques qui représentent l’investissement illimité. Autrement dit, plus vous parvenez à convaincre de sponsors plus vous augmentez votre capacité budgétaire pour votre film car ils sont tous additionnables. Sachez, toutefois, que les sponsors investissent dans les projets qui leur correspondent le plus commercialement… Et souvent le sport passera avant l’art (en tant qu’ancien sportif de compétition, c’est un ancien sportif qui vous le dit).
Les marques ont des budgets différents selon leur activités, ciblez celles que vous souhaitez démarcher, les marques les plus riches ne sont pas forcément les plus prêteuses, mais ce sont elles les plus influentes. Il vous faudra diverses relances le temps que votre demande remonte bien jusqu’à la ou les personnes concernées. Un détail important, sollicitez-les en début d’année ou en fin d’année, au milieu de l’année leur budget sponsoring est généralement bouclé. N’hésitez pas non plus à demander plusieurs fois à différentes filiales de la marque après un refus. Je m’explique : si la succursale vous dit non, rien ne dit que cette même marque implantée dans votre village ne vous dira pas oui ou inversement.
Le placement de marque est une des formes de sponsoring, mais sachez que dans ce cas, les marques contrôlent fortement l’action. Elles souhaiteront vous imposer de nombreuses conditions pour se mettre en avant (temps d’apparition de la marque etc), ne vous laissez donc pas faire en sacrifiant l’art au détriment d’un éventuel revenu budgétaire, il serait bête de ne pas avoir une agence de production pour se laisser dicter par des marques diverses. Le principe du placement de marque est que la marque vous paye selon le temps et la place qu’elle occupe en apparaissant à l’image.

Les subventions de l’État : Les aides diverses fournies par l’État représentent généralement une part importante du budget d’un film (10% en moyenne). Elles sont soumises à des validations par des commissions. Il y en a régulièrement. Vous avez le droit à diverses bourses d’aides et autres selon de nombreux critères.

L’autofinancement : Il y a l’autofinancement, quelque soit vos moyens financiers, même très limités, vos différents partenaires aimeront voir que vous vous investissez financièrement vous-même un minimum. Il est fortement recommandé de créer un compte bancaire spécifique pour le film, en effet de grandes sommes vont circuler dessus pour le rassemblement du budget de votre film, il serait bête que vous vous voyez accusé de quelconque délit par le fisc et que votre compte soit ainsi bloqué. Voyez avec votre banque les formalités.
Pour s’autofinancer vous pouvez aussi faire un prêt bancaire, vous y avez le droit en tant que personnel ou professionnel avec tout type d’organisme bancaire ou non. Un à trois mois suffiront pour savoir si le prêt vous est accordé. Attention estimez bien vos capacités financières bien qu’un film est une aventure, le but n’est pas de se perdre.

Les mécènes : Le mécénat est un financement sans contrepartie. De l’argent vous est donné pour votre projet par qui le veut bien, un membre de la famille, des amis, de simples connaissances, ou même des marques, hommes d’affaires et autres. Les sommes acquises par ce biais peuvent être déductibles d’impôts. Vous pouvez engendrez des sommes très variables selon la générosité ou l’intérêt non-avoué de vos donateurs.

Le financement participatif : Enfin le financement participatif ou crowdfunding, le plus connu étant Ulule mais la somme de mise accordée est limitée pour un long métrage. Il y a aussi My Major Company qui s’est reconvertie dans le financement participatif tout art. Touscoprod et d’autres. Vous pouvez également créer votre propre site internet pour la mise. Pour le moment cela est relativement libre et permet d’engendrer des sommes de quelques milliers d’euros à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Bien sur vous pouvez cumulez ces moyens, comme vous pouvez juste combler votre budget de film avec quelques-uns de ces financements. Votre budget est ainsi entièrement réuni ou en partie. À présent, vous avez toutes les clés en main pour construire votre budget, vous avez donc logiquement votre scénario et vos acteurs. L’aventure du tournage commence alors, mais là c’est un autre article.

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