Évolution du cinéma

Une révolution voit le jour lorsque les anciens systèmes établis sont si dépassés qu’ils ne peuvent plus se contenter de simplement évoluer et, par conséquent, ont besoin d’une refonte complète amenant un changement décisif de ce système. Et ce fut le cas pour le cinéma. Au jour où j’écris cet article nous sommes fin 2013. Dans 10 ans, peut-être que cet article sera obsolète, car le cinéma évolue tout comme la société et le monde. Il y a un avant, un maintenant et, un après, n’étant pas devin je ne me risquerai pas à parler de l’après mais je vais faire en sorte de vous mettre au courant de ce qui était avant et de ce qui est maintenant.

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Le cinéma se démocratise. Il n’est plus seulement réservé à une élite, mais également à un lambda non initié, et cela est dû à une révolution. Avant, pour faire un film il n’y avait qu’une seule solution pour le support de tournage : une caméra à format de pellicule de 35 millimètres très chère. Maintenant, une caméra peut aisément laisser place à un caméscope, un appareil photo ou même plus simplement encore un téléphone portable. Il existe des festivals de films tournés avec des téléphones portables, certes encore marginal à cause de la qualité limitée de l’objectif d’un téléphone. Les téléphones portables n’offrent pas de qualité supérieure à un appareil photo compact classique, excluant ainsi la possibilité de visionner agréablement un film sur un grand écran mais cela reste à ce jour le support de tournage le moins cher si l’on ne compte pas la webcam reliée à un ordinateur plus onéreux. Il faut savoir que certains des plus grands réalisateurs de ce monde se sont d’ailleurs essayés au reflex numérique pour un tournage. J’ai bien dit que je ne parlerais pas d’après, mais je vais faire une petite exception, dans le futur peut-être que les lunettes à réalité augmentée permettront de tourner des films avec des nouveaux points de vue.

Quelques exemples de démocratisation technologique du support de tournage : avant, tourner sous l’eau était d’une extrême complexité, il fallait équiper la caméra d’un caisson en verre très cher. Maintenant, de nombreuses caméras permettent de filmer sous l’eau dont une très populaire auprès des sportifs, à peine plus chère qu’un appareil photo compact évolué. Avant, tourner dans les airs demandait de louer un hélicoptère ou un avion, maintenant, un drone piloté depuis une console de base comme un smartphone suffit puisque les caméras hautes résolutions compactes peuvent être fixées sur ces engins volants. Avant, les décors de cinéma étaient très souvent réels ou alors semi-réels, par exemple les acteurs regardaient la ville sur un papier peint… Maintenant, les acteurs doivent simuler l’émerveillement devant un écran bleu ou vert. Avant, les acteurs étaient issus de grandes écoles de cinéma ou de théâtres populaires, maintenant les directeurs de castings et autres recruteurs de cinéma ouvrent leurs recherches aux cafés-théâtres, aux interprètes du dimanche se filmant dans leur chambre devant leur webcam, ainsi qu’aux personnalités de la télévision et d’autres univers artistiques. Contacter les casteurs est devenu aussi plus aisé, il suffit de les solliciter sur les réseaux sociaux pour la moitié d’entre eux. Avant, pour travailler à l’étranger il fallait être LA superstar du pays, maintenant, travailler aux USA, en Chine, en Inde ou que sais-je encore n’est plus aussi complexe qu’auparavant grâce à la mondialisation facilitant la libre circulation des biens et des personnes et à la révolution technologique et sociale qu’est internet. Ce qui augmente radicalement la concurrence, d’autant plus que les postes à pourvoir sont moins nombreux qu’avant.

En effet, maintenant, de nombreux postes disparaissent avec l’évolution technologique. Plus personne ne fait exploser de gigantesque building pour un film puisque l’ordinateur sait le faire tout seul sans interventions humaines juste à partir de photos, en rentrant des données nécessaires à ses calculs, et ce pour un rendu bluffant. Par conséquent, les artificiers sont de moins en moins recrutés, l’époque des années 90 où les américains faisaient sauter tout ce qui passait dans un écran n’est pas révolu mais ce ne sont plus les hommes qui réalisent les explosions mais des logiciels. Maintenant, certaines superproductions remplacent les cascadeurs par des doubles virtuels, et c’est aussi le cas pour recréer une foule en quelques coups de palette graphique. Des costumes sont entièrement créés de façon virtuel comme dans Man Of Steel ou encore Green Lantern, des réalisateurs préfèrent même animer par ordinateur leurs acteurs virtuels. Après, espérons juste que demain les acteurs réels de chair et d’os existeront toujours.

Maintenant, si la place du numérique permet des nouveautés multiples et quasi illimitées, elle fait aussi souvent flamber le budget. Avant, les films coûtaient beaucoup moins chers et ne pouvaient pas racheter à eux seuls un pays du tiers monde. Cause-à-effet, les salaires ont eux aussi augmentés et des enjeux – qui vont bien au-delà de défis financiers – sont venus se greffer sur les films à gros budgets de l’ordre d’engagement politique, de lobbying publicitaire et autres. « Parce qu’il y a des choses qui changent… Et d’autres non », cette réplique de Matrix pour illustrer que pour le budget, la révolution s’est faite par l’apparition des sites internet de financement participatif permettant de se faire financer un film ou projet sans nécessairement passer par les moyens conventionnels. C’est une chose qui a changé par rapport à avant. Mais comme d’autres choses ne changent pas, eh bien, soyons franc, il est toujours aussi complexe de trouver du budget quelque soit la méthode.

Avant les westerns, les films de pirates, et les comédies sentimentales trônaient en maître, maintenant les films d’actions bruts, d’espionnages, de science fiction, et de fantastique ont la part belle, une information importante par exemple si vous souhaitez écrire pour le cinéma. Avant, un film tourné n’était projeté qu’au cinéma, maintenant, un film peut être diffusé à la télévision avec l’arrivée des nombreuses chaînes de TNT et surtout à ne pas oublier, sur internet !

Il est bon de se souvenir de quoi hier était fait pour éventuellement être plus compétent aujourd’hui et avoir une idée de ce que pourrait être demain. Le cinéma n’a que 120 ans d’existence, avant, cela correspondait à 2 générations, maintenant cela correspond presque à une seule génération. Le cinéma est un art jeune, récent, qui grandit, change… Après, autrement dit demain, qu’en sera t-il ? Eh bien… qui vivra verra. Comme le prônait Charles Darwin, face à ces évolutions il ne vous reste que ce choix : s’adapter ou disparaître.
Que la vie vous berce.

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