Entretien: Karim Belil

Karim Belil est un poète qui a auto-publié 4 recueils de ses meilleurs poèmes. Ecrivant depuis l’adolescence, il s’est naturellement tourné vers la poésie dans le but de la rendre plus accessible au plus grand nombre.

Quand as tu pris ton stylo pour la première fois en te disant “Je vais être auteur”?

J’ai commencé à écrire au lycée, en première. Un jour, j’ai pris un cahier et me suis mis à écrire des poèmes sentimentaux. Je ne les montrais pas beaucoup mais c’était une évidence pour moi que je voulais décrire des choses belles avec des rimes agréables à lire.

Quelles sont tes influences?

Les auteurs romantiques, et principalement Hugo, ont une grande influence sur mon oeuvre par la manière dont ils expriment avec intensité leurs sentiments. Je m’inspire également de chanteurs comme Michel Sardou, Jean Jacques Goldman, Khaled. En fait, ce sont eux qui me parlent le plus.

Comment te mets-tu à écrire? Marches-tu dans la rue en ayant soudainement une inspiration ou te forces-tu tous les jours?

Je ne me force pas – j’écris chez moi, en général quand j’ai une idée. Ou alors on m’a commandé un poème et je me mets au travail. Ce n’est pas gênant pour moi de passer une semaine sans écrire. Depuis que j’ai publié mes livres, je suis plus motivé, ai moins de contraintes et c’est un vrai plaisir que de me mettre à écrire quand l’inspiration vient.

Quels sont les éléments indispensables d’un bon poème?

Un poème doit être beau, agréable à lire, doit raconter une histoire, susciter une émotion. La technique peut être libre, l’essentiel étant le fond.

Qu’est ce qui ne te ferais renoncer pour rien au monde à ce métier?

La passion, le fait que je n’ai rien à perdre et adore écrire. Peut être qu’un jour j’aurais une occupation plus forte que celle la, mais il n’y a, à priori pas de raison qui me fasse arrêter.

Et ce qui te donne envie d’abandonner?

J’ai été déçu à 100% par le millieu littéraire. Je pensais qu’il serait plus accueillant. Je suis parti voir des libraires, éditeurs qui m’ont tous adressé des réponses négatives. Je n’ai rien eu d’encourageant. Ce milieu est trop commercial, je le détesterais presque. Mais ce sont les risques du métier. Il y a un décalage entre les auteurs créatifs et ce milieu commercial.

Enfant, tu voulais être…

Docteur ou expert comptable, je n’aurais jamais imaginé travailler dans le milieu artistique. J’ai toujours aimé lire des choses simples comme les contes, les chansons et les poèmes étudiés en cours.

Que conseillerais-tu à ceux qui voudraient suivre tes traces?

Quand j’ai commencé à écrire j’avais de nombreux cahiers noircis de poèmes et j’ai crée mon blog pour, c’est important, les faire partager. Cela m’a encouragé à m’autopublier par la suite en voyant que de nombreuses personnes appréciaient ce que j’écrivais. Faire un blog n’était, auparavant, pas ma priorité parce que faire un blog me paraissait un peu prétentieux, j’avais peur de n’avoir pas assez de choses à dire. Mais grâce à celui-xi, j’ai pu  faire de belles rencontres, notamment sur Facebook.
Ce que je conseillerais en définitive c’est de ne pas se prendre la tête!

On dit que les poètes en écrivant composent leur monde à eux, “sortent du réel”. Pourtant tes poèmes sont inscrits dans le quotidien. Pourquoi?

C’est justement le but: j’écris de la poésie pour faire plaisir aux gens, que cela leur parle et les divertissent, sans qu’ils se prennent trop la tête.

Imaginerais-tu tout quitter pour vivre ta passion à temps plein?

Dans la vie de tous les jours, je suis gestionnaire dans une caisse de retraite complémentaire. Pour l’instant je paye les frais engendrés par la publication de mes ouvrages et je ne vis pas encore de l’écriture, qui reste un plaisir. Mais ce serait trop dur de tout abandonner pour monter, par exemple ma maison d’édition, ce serait irréaliste.

Tu as choisi l’autoédition pour avoir plus de liberté. SI on te proposait un contrat d’édition à compte d’éditeur, que répondrais-tu?

Malgré mes démarches, je n’ai jamais réussi à trouver d’éditeur. Je souhaiterais en avoir un mais en 4 ans cela n’est pas arrivé. J’ai eu pas mal d’encouragements mais les éditeurs ne sont pas des lecteurs, ce sont des commerciaux. Tout marche par copinage. Souvent, ils me répondent “On ne fait pas de poésie, ça ne se vend pas, ça ne marche pas”
Je me disais avant, que je ne voulais pas payé pour me faire édité sachant que les éditeurs étaient la pour ça, et puis l’autoédition avait mauvaise presse. Mais devant les refus, qui contrastaient avec les nombreuses personnes qui avaient appréciés ce que j’écrivais, j’ai compris que  c’était la seule solution.
J’édite un livre par an par l’inermédiaire d’Edit’Inter, ce qui me revient à 600 euros pour 100 exemplaires. J’avais cherché des imprimeurs/éditeurs mais ils voulaient recevoir le livre fait avant.
Malgré l’aide de mon agent, je dois faire toute la promo tout seul, une fois que mes livres sont imprimés. Je vais voir beaucoup de libraires, la Fnac, Virgin, je fais la promo sur internet, des lectures dans des cercles de poésies, dans des cafés, j’organise des dédicaces. On peut trouver mes livres sur Amazon, Price Minister, Ebay….
Au Salon du livre ils n’ont pas voulu des miens, ils s’en foutent de l’autoédition.  Je fais donc des petits salons comme le Siel, ou les gens qui aiment ce que je fais achètent mes livres. Mon soucis est donc de les toucher. Certains s’étonnent même qu’aucun éditeur ne m’ait encore approché.

L’autoédition a mauvaise presse dans le milieu. Saurais-tu pourquoi? En as-tu été victime?

C’est évident qu’avec l’autoédition, tu peux faire de la merde et être quand même édité. On a été embrigadés à penser que si des livres ne sont pas valorisés, pas connus et ne passent pas à la télé comme c’est le cas de nombreux livres auto édités, c’est qu’ils ne sont pas bons.
Il faut être ouvert d’esprit par rapport à l’autoédition, comme le milieu de l’édition traditionnel, il y a de bonnes choses et des moins bonnes.
Quand je pense au auteurs classiques comme Beaudelaire et Rimbaud, ce sont les rois du monde aujourd’hui mais de leur vivants ils étaient pauvres et décriés.
On idéalise trop les anciens, surtout en poésie. La poésie a été trop cataloguée, on apprécie pas assez les nouveaux ce qui fait que les gens pensent “on a trop de poètes”.
Je ne me reconnais pas dans ce genre de poésie, ni dans les anciens. Moi j’axe mes poèmes sur les sentiments. La solution vient des gens passionnés, et des jeunes qui ne doivent pas rester dans leur coin.

Comment te vois tu dans 5 ans?

J’ai 32 ans et j’espère que d’ici la j’aurais publié plusieurs livres, mais je ne vois pas de grand changements. Qui sait, peut être que je serais célèbre après ma mort, ce qui ne me servira à rien!
J’ai vu d’autres auteurs galérer plus que moi: je me battrais toujours. Avec le temps on accepte la vie comme elle est.

Quelque chose à ajouter?

Je serais au SIEL(salon de littérature) les 6 et 7 novembre 2010 et je participe au festival international de poésie.

Vous pouvez découvrir en exclusivité le texte de Karim Ouvre moi la porte. Pour en lire plus allez sur son site internetainsi que son Facebook.

 

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