Entretien: Hayati Chayehoi

Voici l’interview d’Hyati Chayehoi que j’ai réalisé pour le magazine Archimode. Hayati est une juene créatrice de vêtements qui s’apprête à sortir sa première collection.

Comment est tu devenue créatrice de vêtements?

Ma mère faisait de la couture aux Comores puis ai devenue formatrice. Elle crée beaucoup de vêtements et quand on était petite ma soeur et moi étions comme ses poupées, elle essayait ses créations sur nous. Ca m’a plus et j’ai voulu essayer moi aussi.  Au départ je dessinais beaucoup, des objets, des personnages, puis ça été des vêtements en primaires, avec des accessoires (bagues, sacs) et des chaussures.

Au fil du temps, ma famille a vu mes dessins et m’a dit que c’était pas mal du tout. Au collège, j’avais un carnet de dessin dans lequel j’inaugurais chaque marque que je créais et ensuite montrais à mes proches. j’étais toujours à la recherche de la nouveauté, que ce soit au niveau des textiles,  des tendances, etc. Je regardais ce qui se passait autour de moi et essayais de le faire à ma sauce. Au lycée, j’ai fait un bac pro et chaque fois que je faisais du shopping j’observais la coupe des vêtements, les matières utilisées. Les tendances m’insipent, ainsi que les magazines comme Grazia, les livres sur le stylisme, les accessoires, les chaines de magazins comme Zara et H&M.  On peut trouver de l’inspiration partout!

J’ai vu sur ton site que tes inspirations étaient diverses, aussi bien la mode asiatique qu’africaine. Comment les retrouvent-t-on dans tes vêtements?

Effectivement, la mode asiatique m’inspire, surtout coréenne. J’apprécie leur vision de la couture, de la mode, des accessoires et certaines pièces comme les  blazers. Je pense que l’Afrique, et l’Asie, représente l’avenir et que c’est de ce côté la qu’il faut regarder. Pour ma collection African Touch, j’ai utilisé de nombreux tissus africains, un peu comme la ligne Adam Paris, pour créer des vêtements avec une coupe européenne. C’est le cas de pantalons taille haute en utilisant un côté vintage, en utilisant un tissu comorien traditionel aux origines indiennes, le chiromani.  Il faut de tout pour faire la mode, y compris mixer les cultures.
L’afrique a énormément de potentiel des capacités, un artisanat. Pareil pour l’Asie. On voit même des modèles asiatiques portant des vêtements africains! Je pense que le développement du continent repose avant tout sur ceux qui y sont issus, mais cela n’empêche pas les collaborations avec d’autres pays.

Quels conseils tu aurais aimé avoir quand tu as débuté?

Prends ton temps. Quand j’ai une idée, je m’y mets directement. Quand je veux réaliser des vêtements, je choisis mes tissus (que je stocke dans la chambre d’ami chez moi qui est mon atelier) et si je ne trouve pas ceux que je veux, je prends n’importe lequel.  Je travaille énormément le patron  (moulage du vêtement sur un mannequin sur le quel on fixe la toile , sans passer par le prototype (le moulage sur le patron qui permet d’essayer le vêtement avant de le finir), et ensuite je couds. Au final, la coupe ou la couleur ne me plait plus parce que ce que javais imaginé était tellement beau et le résultat final…bof.

Il faut donc prendre son temps, réfléchir, comme me le dit si bien ma mère.

Quels sont les avantages et les inconvénients du métier (hormis côtoyer de superbes mannequins)?

Les Avantages: Je peux exprimer mes pensées, mon univers, mon rapport à l’Afrique par rapport aux vêtements. Je peux et veux montrer qu’on peut influencer les gens à travers les vêtements. En ayant le choix de ce que je veux faire porter aux autre, je crée quelque chose, je fais voir ma vision ,transmet un peu de ce que je suis.  Je connais des gens qui ont beaucoup de talent mais ont abandonné leur talent. Il faut savoir se bouger pour faire ce que l’on aime.

Les Inconvénients: Je dirais le fait de tomber amoureuse de mes vêtements, j’ai du mal à m’en séparer une fois que je les ai finis! J’utilise certains tissus africains très difficiles à trouver, et cela m’empêche de refaire des vêtements. Mon âge, le fait que je n’ai que 20 ans, est aussi un inconvénient. Certaines personnes avec qui je collabore me font sentir que je suis trop jeune, ou bien me disent de retourner à l’école!

Il y a aussi des sacrifices à faire, notemment les heures de sommeil entre autres!

Peut tu nous en dire plus sur ta marque, ChayHay Coming?

Le nom de ma marque de vêtement vient de mon prénom (Hayati) de mon nom, plus le mot coming qui veut dire que j’entre. Je l’ai conçu en me rendant compte que je voulais qu’il y ait la présence de mon nom de jeune fille, qui est un lien avec mes aprents et me rapprochent d’eux. Il m’ont beaucoup soutenus, veulent que je sois heureuse, et m’ont permis d’y croire. Ma famille m’aide, a des connaissance en couture ce qui me permet de m’améliorer. Ils veulent que je réussisse. Sans eux, je n’aurais pas pu faire ce que j’ai accompli jusque la, ils étaient la quand je baissais les bras. (Note d’Aude: « La soeur d’Hayati est présente lors de l’interview et nous explique que sa famille lui donne des conseils chaque fois qu’elle a une idée parce que sinon elle fonce. Ses vêtements lui permettent d’exprimer sa personnalité »).

Par rapport à la marque, ça a commencé sur Facebook au milieu de l’année 2010, je mettais les photos des vêtements que je créeais, mes amies en voulaient, et je me suis dit: « Crée ta marque de vêtements, beaucoup de gens aiment ce que je fais, ça pourrait attirer du monde ». Et je me suis lancée. J’aime les critiques, elle me construisent, c’est important d’avoir un avis. Je compte plus tard l’étendre aux hommes, en commençant par des blazers.

Pour la confection des vêtements je fais tout toue seule. Mais je ne vends pas encore les vêtements, je suis encore étudiante et je n’ai pas assez de temps.

Il y aura une nouvelle collection, même si je ne sais pas encore quand est ce qu’elle sortira. Je ne suis pas encore fixée sur le thème. Et je vais bientôt collaborer avec une autre marque, Donna Street. Ils apprécient mon travail et je leur donne mon avis, propose des idées.

L’avenir de ta marque?

J’aimerai travailler avec des marques de streetwear, comme Adidas, en m’adaptant à ce qu’ils font. Je voudrais aussi faire grandir ChayHay Coming, organisé des shooting, des défilés, mais il faut trouver le temps, le lieu!

Quels conseils donneraient tu aux apprentis stylistes?

Il faut être bien entourée (la famille est un soutien très important), s’entourer de personnes de confiances, y croire, même si c’est difficile. Il faut aussi beaucoup travailler, trouver le truc original qui nous démarque, créer sa vision personnelle de la mode.

Quels études as tu suivies?

Au collège, je voulais faire un bac général. Les écoles de modes sont très chères et il y a une connotation négative par rapport aux bacs pro et techniques, on pense que ce sont des voies de garages. Alors qu’en fait, le bac pro que j’ai suivi m’a permis de continuer la pratique artistique, et même si l’enseignement est plus dur, nos connaissances permettent de facilement trouver du travail  après.  Ca peut être valorisant et on sait déja ce que l’on veut faire. on a des matières générales, mais beaucoup de travail pour les matières techniques, les professeurs en attendent beaucoup de nous.

J’ai ensuite fait un BTS design produit. J’étais intéressée par les accessoires autant que les vêtements. Ça m’a permis d’avoir un baguage plus fourni. Je m’intéresse aussi à l’architecture, au design. Je veux continuer  mes études dans le domaine des accessoires pour avoir un pannel de choix dans ce que je crée.

Découvrez les créations d’Hayati sur son site, tumblr et Facebook.

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