Entretien avec Camille STOCHITCH

Entretien avec Camille STOCHITCH

Aujourd’hui on traverse l’Atlantique et on part en direction de Los Angeles, où la Réalisatrice, Scénariste, Camille Stochitch, nous reçoit . Et c’est parti !!!!!

Christelle Da Silva : Vous avez pris l’avion de France vers les Etats-Unis, qu’est-ce qui vous a motivée pour partir aussi loin ?

Camille Stochitch : J’ai toujours voulu vivre aux Etats-Unis. J’avais déjà vécu un an en Californie pour mes études, il y a six ans, et depuis je n’attendais qu’une bonne occasion pour y retourner. J’ai découvert le Master de réalisation de l’American Film Institute l’année dernière et j’ai décidé de partir m’installer à Los Angeles. AFI a été élu meilleure école de cinéma du monde cette année! Je ne regrette donc pas mon choix.

C.D.S :  Il y a du travail dans le Cinéma pour les français ?

C.S : Je ne pense pas qu’il y ait plus de travail ici pour les Français que pour les Américains. Personne ne nous attend. Etre français est toujours un petit plus car le cinéma français fascine beaucoup de gens. Mais en terme de travail, je crois hélas que c’est chacun pour soi. Tout le monde veut travailler dans le cinéma à LA!

C.D.S : La manière de travailler à Los Angeles est-elle identique à celle de la France ?

C.S : De manière générale, les conditions de travail sont beaucoup plus strictes ici. Sur les tournages, les journées de 12 heures (sans compter le repas) sont quasiment toujours respectées. Il n’y a pas vraiment d’heures supplémentaires dès qu’on travaille sur un projet sérieux. Les “unions” (syndicats) ne rigolent pas avec les règles! Les choses sont un peu différentes lorsqu’il s’agit de projets indépendants à petit budget. La production insiste aussi beaucoup sur la sécurité sur les plateaux. En un mot je dirais que la sécurité et le temps de travail sont beaucoup plus respectés ici qu’en France.

C.D.S : Quels conseils donneriez-vous aux français qui veulent partir aux Etats-Unis ?

C.S : Partez avec un projet précis en tête et un visa. Venir ici en touriste et essayer de trouver du travail ne donne en général aucun résultat. Les lois sur l’immigration sont très strictes et le sont de plus en plus. Donc il vaut mieux venir ici pour faire ses études, un stage, ou alors parce qu’on veut monter une entreprise. Ce qui était vrai il y a 10 ou 20 ans (partir à l’arrache et trouver des petits boulots au black) ne l’est hélas plus aujourd’hui!

C.D.S : Que ne faut-il pas faire pour réussir ?

C.S : Etre en retard! Les Américains sont extrêmement à cheval sur les horaires. Un stagiaire en retard sur un plateau sera immédiatement renvoyé. Ici, tout le monde est super occupé et personne ne vous attendra, surtout quand 10 autres personnes n’hésiteraient pas à prendre votre place! Etre négatif ou avoir une mauvaise attitude sur les tournages. Il faut toujours être très poli, dire merci et s’il vous plait à tout le monde, même dans le rush!

C.D.S : Les rencontres se font-elles plus facilement qu’en France ?

C.S : Je pense que la manière de rencontrer des gens est assez similaire dans les deux pays. En gros, on rencontre des gens à des soirées, en sortant et en étant le plus social possible! Les gens sont sûrement plus ouverts ici, par contre ils ont tendance à promettre des choses plus facilement, sans que cela donne suite.

C.D.S : Il y a un(e) professionnel(le) avec qui vous aimeriez travailler ?

C.S : En tant que réalisatrice, j’adorerais travailler avec Kirsten Dunst, Elle Fanning, Tilda Swinton, Jeff Bridges et Michael Cera. On peut toujours rêver!

C.D.S : Je vous laisse le mot de fin.

C.S : Je ne veux pas paraître pessimiste, mais je dirais que la situation aux Etats-Unis n’est vraiment pas la plus simple en ce moment. Je conseillerais aux gens qui veulent venir travailler ici de d’abord tenter de percer dans leur pays d’origine, de faire parler d’eux un maximum, de se faire connaitre. Tout est plus facile ensuite!