Entretien avec Jacky SIGAUX

Casser les codes pour être libre, telle est la philosophie du metteur en scène Jacky SIGAUX !!!

Christelle Da Silva : Vous êtes metteur en scène, scénariste, comédien, professeur de théâtre et régisseur. Pourquoi autant de disciplines ?

Jacky Sigaux : Parce que toutes ses fonctions sont en réalité des postures différentes pour essayer d’attraper un seul et même objet : le spectacle.

C.D.S : Vous avez écrit la pièce de théâtre “Procès à Domicile” qui sera jouée tous les dimanches à partir du 3 mars au théâtre de “La Main d’Or”. Comment est née l’idée de cette pièce ?

J.S : Avec une table de camping pliante que je venais d’acheter. Le jour ou je l’ai déplié pour la première fois, j’ai tout de suite vu l’accessoire type du juge qui vient juger à domicile. Il entre chez les gens, avec une valisette à la main, il l’a déplie ; on voit alors apparaître une table et 4 sièges autour. Le procès peut commencer.

C.D.S : Pourriez vous nous raconter le thème de votre pièce ?

J.S : Cette comédie s’appuie sur l’idée que notre vie est truffée de juges ; des juges cachés derrière le visage de notre charcutier, de nos amis, de nos parents, de notre propre conjoint ou conjointe. En s’amusant sur le thème du jugement « à domicile », j’ai imaginé une justice du porte à porte; une justice en kit. Un matin, la simple sonnette de votre porte peut signifier le début de votre procès, celui de votre mère, de votre tonton ou même de votre poisson rouge. Ce n’est plus simplement à la 17ème chambres qu’un citoyen peut être convoqué mais tout simplement dans la sienne; oui, dans sa propre chambre ! Sous la forme d’une émission de télévision, la pièce nous présentera alors les procès de la norme, de la connerie, de la bible, de l’amour et du coton-tige. Cinq criminels redoutables puisqu’ils anesthésient l’essence même de notre vie : notre part de rêve.

C.D.S : Vous donnez des cours de théâtre, qu’est-ce qui vous différencie des autres cours ?

J.S : Je déteste l’école, principalement de l’art. On peut n’avoir aucune culture et être génial. Tous les enfants ont du génie. Tant qu’ils n’ont pas été à l’école, le moindre de leurs dessins est systématiquement un pur chef d’œuvre. Picasso a piqué un maximum aux enfants, voire même aux tribus. Il disait « Il est capital de désapprendre ce qu’on vous a inculqué dans les écoles d’art si l’on veut créer ». Pour ma part, j’ai choisi de considérer celles et ceux qui viennent aux cours, non pour des élèves mais pour des comédiens, tout en tenant naturellement compte s’ils sont débutants ou non. Je ne deviens pas alors un prof mais ce que je suis réellement : un metteur en scène. C’est donc en leur faisant travailler des textes que les comédiens apprennent à se tenir sur scène et à faire naître des émotions au public ; que ce soit des rires ou des larmes en fonction de la scène travaillée. Par ailleurs, je me débrouille pour qu’ils puissent vérifier mes conseils et leur travail devant un vrai public car une fois par mois, j’organise une scène ouverte. N’est ce pas extraordinaire ?! (sourire)

C.D.S : Que pensez-vous des cours de One man show ?

J.S : Une imposture. Car on ne peut séparer le One man show du théâtre à plusieurs. Un comédien, même seul, s’adresse toujours à quelqu’un, soit à des personnages imaginaires, soit au public. La manière de se tenir en scène est la même. Seul ou à 40 sur un plateau, le maître mot reste le même : être convaincant.

C.D.S : Si vous aviez un conseil à donner aux futurs artistes, lequel serait-il ?

J.S : De prendre des risques. Le risque est la fonction de l’artiste. Ne jamais faire ce qui est convenu, ce qui est à la mode, ce qu’on voit à la télé. Les Beatles, au plus fort de leurs créativités, lorsqu’ils devaient enregistrer un disque et qu’ils n’avaient encore aucune idée de chansons, commençaient d’abord à écouter à la radio tous les tubes du moment afin de ne rien faire de ce qui se vendaient.

C.D.S : Je vous laisse le mot de fin.

J.S : Rester libre, fou, beau et enthousiaste.

– Le plus

*Pièce de théâtre “PROCES A DOMICILE“  tous les dimanches à partir du 3 mars au théâtre de “La Main d’Or(15, passage de la Main d’Or Paris)

*Cours de théâtre à “La Main d’Or“,  tous les samedis de 11h à 14h et les lundis de 19h30 à 22h30

*Spectacle de DIEUDONNE dans “FOXTROT” jeudis, vendredi et samedis à 20h30 à “La Main d’Or

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