Entretien avec Dali Hamida

Entretien avec Dali Hamida

Comment présenter Dali Hamida ? Si ce n’est, que c’est une bosseuse, une passionnée, une femme dont le talent s’intensifie jour après jour.

Christelle Da Silva : Vous êtes directrice de communication média et artistique, pigiste, productrice, scénariste, comédienne, directrice de casting. Vous avez une préférence ?

Dali Hamida : Choix cornélien, j’avoue ne m’être jamais réellement posée la question, je slide entre chacune de mes fonctions avec tellement d’aisance que je ne pourrais concevoir l’idée de cessez l’une d’elle. Il me semble une complémentarité évidente (me concernant) dans cet éventail de choix professionnel qui me correspond en tout point. Mais s’il me fallait faire un “choix” unique, je penses que je répondrais que ma préférence pencherait pour mon rôle de directrice de communication.

C.D.S : Quels sont les points positifs et négatifs en tant que directrice de communication ?

D.H : Le sentiment que m’évoque le fait d’être directrice de communication, s’apparente à celui d’un chef d’orchestre, c’est un métier ou il n’y a pas de place à la fausse note. Il faut savoir faire preuve de justesse, dans chacun de mes engagements professionnels en tant que directrice de communication. Sachant que sur mes épaules reposent d’énormes responsabilités, je me dois d’innover au quotidien, prendre des décisions, savoir trouver des stratégies de communications pertinentes mais en adéquations identitaires et personnelles pour chacun des projets, films ou artistes pour lesquels je travaille. Un devoir d’analyses, de compréhensions et de réponses face aux attentes de chacun. C’est une position très stressante certes, mais aussi des plus exaltantes. Je fais des rencontres humainement enrichissantes au quotidien, j’élargis toujours plus la palette artistique qui s’offre à moi. Ce qui m’étonne toujours autant, c’est que chaque jours qui passe ne se ressemble pas. J’ai une soif de culture et de connaissances permanente que ce métier comble parfaitement. Mais évidemment, comme dans tout, il y a aussi du “négatif”, mes fonctions font que j’ai peu de place pour une vie “normale”. Il me faut être disponible, prête à partir à chaque moment sur les routes. Je ne comptes ni les heures, ni mon énergie, je vis dans ma “valise” façon de parler. Je suis toujours entres deux avions ou trains. Je travaille beaucoup en Europe en ce moment pour une société de production américaine et j’ai été surprise d’être reconnue et saluée par le personnels de bord des trains italiens et suisses, cela veut tout dire… mais peu importe les sacrifices personnels, je ne pourrais me passer de cette vie atypique, je suis comme une toxicomane de mon travail mais j’aime beaucoup cette citation de Sean Connery “Si j’avais un secret, pour concilier vie professionnelle et vie privée, je le vendrais!”

C.D.S : Quel regard portez-vous sur le cinéma français ?

D.H : Je suis heureuse et fière de constater que le cinéma français est de retour. Je travaille beaucoup à l’étranger et il est vrai que depuis “Le fabuleux destin d’Amélie Poulain” jusqu’à aujourd’hui avec “Intouchables” ou “The Artist” le cinéma français a su retrouver ses galons d’ambassadeurs et berceau du septième art à travers le monde. Les chefs d’œuvres sont nombreux… Mais ce dont je suis le plus fière, est de voir enfin le métissage s’installer dans le cinéma français. Car malheureusement il aura fallut du temps pour attribuer à un noir ou un arabe ou autre, un rôle de qualité autre que le rôle du “négro” ou “bougnoule” (excusez moi des termes) de service comme on pouvait le voir dans notre pays il y a encore quelques années.

C.D.S : Être une femme est un avantage ou un désavantage dans ce domaine ?

D.H : Ce qui faut savoir concernant ce domaine, c’est que nous sommes (nous les femmes) à part égale avec les hommes. Mais il faut rester lucide, la femme doit sans cesse prouver qu’elle est à la hauteur de son poste certes,  mais surtout de la tache qui lui ai attribuée. Il faut s’imposer deux fois plus, savoir se faire entendre… Nous sommes forcément attendues au tournant plus sévèrement qu’un homme pourrait l’être. Mais moi cela ne me dérange pas, je dispose d’un cocktail d’atouts détonnant, qui font que je ne me sens nullement en désavantage dans ce métier. Je suis exigeante et sévère envers moi même, donc forcément aussi envers mon travail. Mon caractère à la fois doux mais bien trempé, ma “grande gueule” et surtout mon charme atypique installe un sentiment de confiance, à mes yeux être une femme, n’est pas un handicap!

C.D.S : Si vous pouviez retourner à vos débuts et éviter certaines erreurs, lesquelles seraient-elles ?

D.H : Énormément, mais en même temps, ce sont de ses erreurs que l’on s’enrichit… Pour faire simple, j’avais tendance à ne pas savoir dire NON. C’est stupide, mais ce simple mot peut parfois être des plus compliqué. J’avais tendance à m’éparpiller, à faire de mauvais choix… (c’est à dire travailler pour des personnes qui ne le méritaient pas) c’est un monde de requins il ne faut pas l’oublier… Mais aujourd’hui “je suis le requin”, blague à part, je veux bien évidemment dire que je me suis construite de mes erreurs et que j’ai appris à faire les bons choix et surtout me faire respecter.

C.D.S : Avez-vous des conseils à donner aux jeunes qui veulent se lancer ?

D.H : LES LANGUES !!!!! Un maximum de langues mais surtout l’anglais qui est indispensable, primordial! Il vous faut aussi savoir être à l’écoute, être organisé et savoir communiquer sur un secteur internationale . Être polyvalent, disponible, curieux, doté d’une bonne, voire excellente culture générale, ouverture d’esprit oblige.
Mais surtout, ne pas être gourmand, il vous faut savoir prendre le temps de la réflexion, prendre les bonnes décisions. Cela ne sert de raconter n’importe quoi, dans la communication, il faut savoir de quoi vous parlez fasse à vos interlocuteurs et le reste vous l’acquérez avec votre propre expérience.

C.D.S : Si vous aviez un rêve à réaliser, lequel serait-il ?

D.H : J’écris actuellement mon scénario (mon bébé) donc ce serait celui de pouvoir le faire vivre.
Mais pour l’instant, mon rêve je dirais que c’est celui de vivre le plus longtemps possible de ma passion, continuer d’avoir les yeux qui brillent d’émotions à chaque nouvelle aventures et challenges…

C.D.S : Je vous laisse le mot de fin.
D.H : Je dirais que malgré les vicissitudes que vous pouvez rencontrer dans ce milieu artistique qu’est le cinéma, il vous faut garder espoir et vous battre pour réaliser vos rêves. On ne vit qu’une fois, aimez la vie et rendez lui hommage…vivre chaque instant comme si celui-ci était le dernier.
Carpe diem!