Elysium

En 2154, il existe deux catégories de personnes : ceux très riches, qui vivent sur la parfaite station spatiale créée par les Hommes appelée Elysium, où ils ne vieillissent pas, ne meurent pas de maladie, où il n’y a aucune pauvreté, et les autres, ceux qui vivent sur la Terre devenue surpeuplée et ruinée. La population de la Terre tente désespérément d’échapper aux crimes, à la violence et à la pauvreté qui ne cessent de se propager. Max, un homme ordinaire qui a pour rêve d’enfance de rejoindre Elysium, devient la seule personne ayant une chance de rétablir l’égalité entre ces deux mondes. Sa vie ne tenant plus qu’à un fil, il hésite à prendre part à cette mission dangereuse mais s’il réussit, il pourra sauver non seulement sa vie mais aussi celle de millions de personnes sur Terre.

Neil Blomkamp n’aime pas les riches, dommage pour lui car avec son 2e succès, il l’est devenu. Les pauvres sont tous gentils et les riches tous méchants, et si les méchants sont méchants c’est juste pour le plaisir jouissif de l’être. La méchanceté née par peur, par dépit, on le comprend tout au long d’Elysium mais ce n’est pas sur cet aspect philosophique du film que le réalisateur trentenaire a creusé. Dans ce film, un pauvre ne peut devenir riche, et cela semble limiter certains choix. Lorsque cette notion stéréotypée, certes un peu enfantine, est acceptée, on peut se plonger pleinement dans l’histoire.

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Arrêtons-nous un instant sur le titre : Elysium signifie Élysée comme les Champs Élysées qui est en fait dans la mythologie grecque le paradis en enfer. Un titre qui en dit beaucoup sur le film.

Les effets spéciaux sont réussis, en particulier ceux sur la Terre, plus que ceux sur Élysium beaucoup trop artificiels pour donner une vraie beauté. Les trouvailles artistiques sont diverses, très bien intégrées au scénario global mais elles passent quasi inaperçues auprès du grand public. Les combats au corps à corps filmés très serrés ne permettent pas de distinguer clairement les coups, mais n’en sont pas pour autant moins impressionnants. Il n’y a pas cette surenchère chorégraphique que l’on peut voir dans certains film de science-fiction. Les fusillades futuristes (elles aussi un peu trop rapides lors des tirs) ne sont pas mal non plus.

Toute la question qui fait l’enjeu de la note de ce film est la suivante : est-il égal ou mieux que le précédent District 9. Ma réponse est donc catégorique, ne comparons pas l’incomparable. Avec un budget trois fois supérieur, un personnage principal joué par la superstar Matt Damon, un personnage antagoniste joué par une actrice aussi célèbre qu’est Jodie Foster ; Neil Blomkamp a changé de cours, et sa transition ne se fait pas sans difficultés mais il surmonte l’épreuve la tête haute.

On retrouve toutes ses lubies, ses aspirations, sa vision du monde, ses attraits pour la violence, son manque de confiance en la politique très bien retranscrit par le personnage de la secrétaire à la défense qu’est Jodie Foster. Ce personnage donne justement tout le contenu de l’histoire sans pour autant être le plus présent à l’image. Dommage que le film ne soit cependant pas plus fouillé, il aurait gagné à durer une ou quelques dizaines de minutes en plus afin d’approfondir certaines choses, par exemple la vision du reste du monde, puisque la Terre se résume ici à Los Angeles.

Mettre en compétition les 2 œuvres de ce réalisateur, District 9 et Elysium, est à mon sens une erreur, même si les quelques défauts présents dans District 9 le sont aussi dans Elysium.

Neil Blomkamp est un artiste qui sait s’investir et partager son ressenti. Il parvient à nous toucher au travers de l’histoire de la fillette, grâce à un dramatisme parfois au bord du mélodrame mais qui correspond globalement avec le récit qui ne fait pas dans l’eau de rose. Ce qui ne nous empêche pas de ressentir, l’espoir, la tristesse ou le chagrin et de reconnaître la misère dans ce monde futuriste comme dans le notre, car la misère est toujours la misère, et elle est toujours aussi sensiblement touchante sous la caméra de Mr Blomkamp.

Il y a de nombreuses petites incohérences, certains détails moins travaillés que d’autres, mais le divertissement remplit son objectif. Matt Damon a un jeu un peu trop figé comme souvent, bien qu’il sait pourtant faire autre chose, mais le talent de l’acteur permet malgré cela de nous communiquer l’émotion. Mais la palme de l’interprétation revient ici à Sharlto Copley, terrifiant à souhait dans le type de rôle qui lui convient le mieux : les fous. Et fou il l’est. Inquiétant, brutal, sauvage, sadique… Un méchant comme on l’attend dans un film de science fiction – action, faisant mieux que certains films cultes. Ce rôle lui permet de devenir un des méchants les plus désirés d’Hollywood. Rappelez-vous il incarnait le personnage principal dans District 9.

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Le film regorge de marketing surprenant, par exemple le vaisseau spatial d’un des méchants joué par William Fichtner (toujours aussi bon que dans Pearl Harbor, Prison Break, Armageddon, Lone Ranger…) est à l’effigie de la marque automobile Bugatti.

Alice Braga qui ne travaille que sur des productions de science fiction n’est pas transcendante dans son rôle de mère battante et démunie, comparé à certains personnages qu’elle a déjà pu tenir, par exemple dans Predators. C’est probablement à cause de son coté un peu trop « victime » à mon goût mais sa présence reste appréciable. Le film bénéficie de quelques autres personnages stéréotypés par exemple Spider interprété par Wagner Moura, inconnu en France, et le personnage interprété par Diego Luna que l’on a pu voir dans plusieurs films (tels que Contrebande avec Mark Whlaberg ou encore Le Terminal avec Tom Hanks) qui devient ici Julio. Le nom à lui seul laisse sous-entendre un stéréotype à profilage racial typique d’Hollywood qui le représente comme voleur notoire et qui évidemment ne fait pas long feu…

La fin est, comme à son habitude pour un film américain, expédiée en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, mais elle a un avantage net, elle ne laisse supposer aucune suite possible. Ce film est réussi, inutile donc d’après moi de se fourvoyer en tentant de faire une suite qui, à la vue du final, ne peut pas tenir la route.

La bande annonce ne rend pas honneur à ce métrage, le film est plus prometteur que cette assemblage d’images choisies au hasard. Elysium ne révolutionne pas le genre, peu importe, c’est un bon film que l’on peut regarder avec différente grille de lecture. Bien noté et qui plus est, il est un succès commercial. Un film à voir donc pour les passionnés du genre science fiction, action, pour voir les pectoraux de Matt Damon, Sharlto Copley qui mériterait un oscar, pour voir l’évolution de Neil Bloomkamp, ou tout simplement pour se distraire avec la dernière sortie à gros budget de l’été. Ma note 4/5. Attention le film est pour public averti.

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